La Pièce de Théâtre de Maurice Radio Libre

La pièce de Théâtre de Maurice Radio Libre
Nouvelle idée inédite de Maurice Radio Libre !
Participe à l’écriture d’une pièce de Théâtre qui sera également interprétée par les auditeurs (toi) dans un petit théâtre Parisien !
Rendez-vous ici pour les prochaines étapes de notre création.
Voici les 5 débuts d’histoires qui ont été retenus !
Catherine d’Arcachon
Un (ou une) Chef d’Orchestre veut diriger le monde !
Seb de Voves
Pièce de théâtre interactive
Marion de Voves
Un Belge débarque à Paris pour trouver l’amour
Samir
Un couple de fonctionnaires amène son enfant chez un psy afin qu’il leur confirme sa supériorité intellectuelle
Marine de Toulouse
L’Etat oblige les allocataires d’allocations sociales à travailler; il existerait des « cadres validateurs » des épreuves
Julien Mathieu de Voves
L’héroïne quitte Paris pour la campagne et se retrouve confronter à la « vraie France »
Matt de Trébry
Georges est insipide et décide d’imiter chaque jour, une personne qu’il écoute à la radio
Deuxième étape : A partir de maintenant, on attend de toi : les prénoms et noms des personnages ! Quelle est la direction de cette histoire, dans quel lieu et sa finalité en quelques lignes !
A toi de jouer !
Envoie tes propositions en indiquant bien dans l’objet de ton mail « pièce de théâtre » et en précisant quelle histoire tu as choisie à maurice@mauriceradiolibre.com
Allez, hop là !
Le 1er novembre 2025
Troisième etape !
le 15 novembre 2025
Les noms des personnages et la trame de l’histoire sont donc définis.
Il y en a 6 :
Un Chef d’Orchestre Robert Flocon,
Un Belge arrivant juste de Bruxelles : Nicolas
Le couple de fonctionnaires : Marc Chevalier et Coline Contenberg
Les cadres validateurs : Jean-Pierre Frenès et Marguerite Bensoussan
Georges (homme) Cloné – Imite des gens qu’il entend à la radio
L’héroïne qui part s’installer à la campagne Cécilia Fathia
Première scène à écrire avec les noms des personnages
La scène se déroule dans le centre de validation de Compiègne.
Notre couple de fonctionnaires accueille les personnes percevant les minimas sociaux, venant se faire valider afin de pouvoir travailler.
Nous attendons la scène, qui ne doit pas excéder une trentaine de lignes !
Envoie la scène à maurice@mauriceradiolibre.com
Le 23 novembre 2025
Description de la scène 1 – Indications
L’action se déroule au centre de validation de Compiègne où les gens qui perçoivent les minimas sociaux viennent s’inscrire pour trouver un emploi. L’Etat les oblige dorénavant à travailler.
Jean-Pierre Frenès et Marguerite Bensoussan supervisent les procédures.
Le Centre est piloté par l’Intelligence Artificielle.
Les candidats doivent saisir sur un ordinateur les informations du candidat qui était derrière eux dans la file afin de rester impartiaux. Ce sont eux qui font le boulot pour éviter qu’il y ait des préférences et notre couple d’encadrants veille à ce que tout se déroule sans tensions.
A la fin de journée, tous les candidats doivent être affectés à un poste qui les attendra dès le lendemain, quel que soit leur lieu de résidence.
Jean-Pierre a toujours eu un petit faible pour Marguerite. Il n’a pas de famille mais est il très intéressé par les filles, il est célibataire.
Marguerite a beaucoup de succès avec les hommes. Elle a été mariée deux fois et a deux enfants de deux maris différents. Elle est aujourd’hui célibataire.
Elle aime bien ce poste car elle aime bien commander, dire des choses aigres-douces aux gens. Elle a les qualités requises pour être entendue car les gens la craignent un peu. Elle est souriante, jolie et dynamique.
Jean-Pierre se dit que ce Centre de Formation peut-être un bon endroit pour rencontrer une fille plus facilement. Il se dit qu’il va faire un peu comme Marguerite, se mettre en avant en étant parfois un peu désagréable avec les candidats qui sont des gens un peu désespérés et vulnérables.
Le 29 novembre 2025
Première scène - 1ère partie
A partir de tes écrits, voilà le début de la première scène.
Merci à ceux qui participent et envoie tes messages à Maurice@mauriceradiolibre.com si tu souhaites faire partie de notre création !
Marguerie, centre de formation de compiègne – 28 novembre 20h45
Le 5 décembre
Première scène / 2ème partie
Marguerite accourt, affolée — irritée — impossible de savoir, si c’est par peur que la situation ne dégénère.
« Jean-Pierre ! Mais enfin, qu’est-ce que tu fais ? » crie t’elle en attrapant le bras du candidat pour l’aider à se relever
Le type, encore étourdi, marmonne : « Je r’gardais le ciel… demain, ils disent que d’main…»
Jean-Pierre explose :
« Assez ! Ramassez votre sac et retournez dans la salle, viiite ! » puis regarde le candidat s’éloigner.
En pivotant, il voit Marguerite aux prises avec une petite dame au chapeau rose.
La vieille femme esquisse deux pas de danse, rit nerveusement, puis se met à hurler comme une sirène.
Marguerite, exaspérée, la pousse fermement vers un siège, puis revient vers Jean-Pierre, essoufflée :
« Elle postule pour de la télé-réalité… Le maraîchage, elle n’en veut plus. Toi, t’es fou non ? » Elle hausse les épaules, les yeux cernés « Ma mère perd la tête, mes gamins deviennent dingues…vous me faites tous chier !»
Jean-Pierre, encore secoué par son humiliation, sort une petite fiole de sa poche et la lui tend discrètement.
« Ça peut aider… au moins à tenir debout » murmure-t-il.
Marguerite le fusille du regard.
« Range-moi ça. Immédiatement. Tu veux un audit disciplinaire ? Tu cherches quoi ? »
Sa voix claque comme une porte. Elle ne boit pas et se lève, mal à l’aise.
Silence tendu puis soudain l’IA clignote en rouge :
ALERTE : DÉRAPAGE COMPORTEMENTAL — SUPERVISION HUMAINE DÉFAILLANTE.
Paniqués, les candidats se tournent vers eux.
Marguerite serre les dents.
« Jean-Pierre… avec moi. Maintenant. »
Marguerite et Jean pierre s’éloignent vers le petit couloir
D’une voix glacée elle murmure :
« Tu veux nous faire sauter ou quoi ? On est filmés, enregistrés, analysés. Même ta respiration, ils la mesurent. »
Jean-Pierre, blême :
« Je t’ai entendue au téléphone… tu disais que j’étais incompétent. Que je savais rien. »
» Jean-Pierre, ce n’était pas …enfin… »
Un rire nerveux éclate derrière eux, trois bonhommes mal fagotés les observent, l’un d’eux dit :
» R’garde moi ca, sont en panique les chefaillons »
Très ferme Marguerite :
» Retournez immédiatement saisir vos binômes avant que je vous colle trois heures de service au public en plus ! «
Puis une voix paniquée depuis la salle principale :
« Les affectations ! La machine nous met tous au même poste ! Tous ! C’est pas possible ! »
Les néons clignotent.
L’IA affiche :
PROTOCOLE DE RÉATTRIBUTION MASSIVE — NIVEAU ROUGE.
Les candidats se ruent vers les sorties… verrouillées.
Les grilles se verrouillent dans un claquement.
Marguerite blêmit.
Jean-Pierre recule.
La voix de l’IA résonne, glaciale :
« Veuillez rester immobiles réaffectation en cours. »
Le 13 décembre
Première scène – 3ème partie
Avec les voix de Catherine d’Arcachon, Manu de Chicago, Sylvie de Brie sur Marne et Thibault de Paris
Marguerite à Jean-Pierre.
« Elle nous observe. Chaque mot, chaque geste. »
Jean-Pierre : ouais je sais mais pourquoi elle a verrouillé les sorties ?
Candidat numéro 14 en tapant sur la grille.
« Ouvrez ! On veut juste partir ! »
La petite dame au chapeau rose rire nerveux.
« ha ha ! C’est un jeu pas vrai ? Il note tout ! »
Marguerite : madame asseyez-vous ! Vous voyez bien que la situation est difficile !
Un des trois bonhommes ricanant :
« Ah, les chefs courent partout ! On dirait qu’ils ont perdu la manette !»
Jean-Pierre « Ce n’est pas un jeu ! Vous risquez une suspension si vous continuez ! »
Candidat numéro 7 arrive paniqué
« L’IA change nos affectations en direct ! Je passe de jardinière à archiviste puis à agent funéraire !»
Marguerite. « Ce n’est pas normal, elle ne devrait pas décider seule ! »
IA : Réévaluation comportementale en cours ! Merci de rester coopératif,
Jean-Pierre ; Elle nous traite comme si on était des données !
Marguerite, à voix basse :
Et si elle signalait tout ça à la préfecture ?
La petite dame au chapeau rose chuchote.
« On va être recalibrés ! Tous recalibrés !»
Marguerite. « Jean-Pierre, viens ! »
On doit quitter la salle avant qu’elle lance une procédure.
Jean-Pierre : Mais par où ? Tout est verrouillé !
Marguerite « Le couloir technique, derrière les cabines d’entretien.
Un candidat. « Vous partez ? Emmenez-nous !»
Marguerite. « Restez calme, on revient !»
Elle ne croit pas un mot.
IA : Déplacement non autorisé détecté.
Merci de revenir en zone principale.
Jean-Pierre : elle nous suit. Elle suit nos pas,
Marguerite ; Ignore-la. Avance !
Jean-Pierre : C’est ici, cette petite porte ?
Marguerite : Oui, elle donne sur l’ancien escalier de service. On pourra sortir à l’arrière.
Jean-Pierre : mais…Si on nous attrape… Alors ce sera vraiment…
Marguerite : Alors on sera vraiment réaffectés
Allez, Jean-Pierre. Faut qu’on essaie de sortir.
Le 22 décembre
Deuxième scène – 1ère partie
L’action se déroule à Paris, dans la salle de répétition de l’orchestre municipal du 20e arrondissement.
Une grande salle sans fenêtres, les portes sont lourdes, coupe‑feu, un panneau lumineux est fixé au mur, discret, institutionnel.
Robert Flocon, le chef d’orchestre du municipal est déjà là, tôt.
Il consulte nerveusement son téléphone ; aucun message de Gislaine, sa femme, puis le verrouille, agacé.
Il a appris aujourd’hui que le calendrier des représentations a été modifié sans concertation, sans plus de précision...
Il est à bout parce qu’il n’a pas compris qui est à l’origine de ces modifications éventuelles, ni pourquoi.
Mais ce qu’il sait, c’est que Gislaine, sa femme, son pilier, son amour, déteste les contretemps.
Marc Chevalier, haut fonctionnaire, administrateur du Sénat, joue depuis petit du violon où sa très forte capacité de concentration et sa rigueur presque militaire lui permettent d’interpréter très fidèlement quasiment tous les concertos connus.
Son épouse, Colline, directrice de la commande publique à la région Île-de-France, pratique avec passion le piano depuis petite et adore se produire en public.
Tous les deux entrent en avance dans la salle de répétition en parlant bas.
— Colline : « Il a encore hurlé, il dit qu’on se fait noter à chaque fois et qu’on va bientôt le regretter. »
Robert lève les yeux au ciel, irrité.
—On ne commence pas avant l’heure. Installez-vous en silence, s’il vous plaît. »
Quelques minutes s’écoulent.
La porte s’ouvre brutalement et laisse apparaître, pile à l’heure de la répétition, Claude François.
Enfin Georges Cloné, le violoncelliste, grimé en Claude François de chez Lidl.
Personne ne rit, même lui semble hésiter, comme s’il n’était pas sûr du lieu.
Le temps de comprendre, surgit Nicolas, le Belge, fraîchement débarqué à Paris, un peu perdu.
— Robert : « Madame, messieurs, à vos instruments, s’il vous plaît. »
Ainsi, chaque fois, le chef d’orchestre lançait la première phase de la répétition.
Tac ! tac ! tac !
Avec les voix de Benjamin de Muguet, Catherine d’Arcachon, Manu de Chicago, Sylvie de Brie sur Marne et Thibault de Paris
Le 9 janvier 2026
Deuxième scène – seconde partie
Nicolas s’installe au piano, effleure les touches.
— « oh la la, il a mal vécu l’attente celui-là, On dirait un piano de gare… »
— Marc : « Si tu pouvais éviter les commentaires inutiles…déjà que tu te pointes tout juste à l’heure…. On a failli t’attendre !
— Nicolas : « Oh pardon, monsieur le Sénateur, savais pas qu’il ne fallait pas se moquer du meuble… »
Robert Flocon frappe son pupitre :
— « Silence, je vous prie, on a grande tache ce soir, deuxième mouvement !»
Les archets se lèvent. Le piano respire. La musique commence.
Au bout de quelques minutes, soudain, alors que les musiciens jouent, un « clac » sec retentit et la porte coupe‑feu se verrouille, sans apparemment l’aide de personne…
— Georges s’interrompt : « C’est quoi ce délire ? »
— Marc arrête son violon : « Robert, c’est vous qui…avez verrouillé la porte ? »
— Robert : « Ben comment, vous voyez bien que Je n’ai rien fait ? Continuez, c’est sûrement un… »
Le panneau lumineux se met à clignoter
Une voix métallique résonne :
« PROCÉDURE DE CONTRÔLE. VEUILLEZ RESTER À VOS POSTES. »
Silence.
— Colline : « euh…. C’est une ….blague ? »
— Nicolas d’un ton amusé : « En Belgique, on prévient les gens avant de les enfermer … »
— Marc : « je ne crois pas que ce soit le moment pour faire de l’ humour belge ! »
— Nicolas : « Et toi, tu penses que l’heure de prendre ton ton de colonel ? Raciste va ! »
Le panneau passe au rouge.
Un bip long vibre dans la salle.
La voix revient :
« CONTRÔLE IMMINENT. IDENTIFICATION OBLIGATOIRE. »
Les musiciens se figent.
—Colline, en panique : « Je ne savais pas que ce truc pouvait parler, on fait quoi ?? »
Avec les voix de Benjamin de Muguet, Catherine d’Arcachon, Sylvie de Brie sur Marne et Thibault de Paris
Le 16 janvier 2026
Deuxième scène – troisième partie
Marc baisse lentement son archet. Personne ne joue plus.
— Marc, à voix basse : « il faut qu’on reste calmes. »
— Nicolas : « Ah oui, excellente idée, le calme. C’est connu, les voix robotiques adorent le calme. »
—Colline, chuchote : « vous croyez que c’est vraiment possible, ça un écran qui voit ce qu’on fait, qui nous donne des ordres et qui ferme les portes à clé ? »
Georges s’est déjà levé. Il scrute les murs, les coins, le plafond.
— Georges : « Il y a forcément un capteur. Une caméra. Une logique. Tout système a une faille. »
— Colline : « Georges… alors, tu vois quelque chose ? »
— Georges, presque excité, content qu’on le prenne au sérieux dans son rôle de policier méticuleux : « je ne vois pas de trace de capteur ou de caméra, mais c’est sûr, il doit y avoir un dispositif d’observation et de captation de nos mouvements . »
Le panneau rouge clignote , comme un cœur artificiel.
« IDENTIFICATION NON CONFORME. »
« ANALYSE COMPORTEMENTALE EN COURS. »
Robert Flocon déglutit. Pour la première fois, son autorité de chef d’orchestre est complètement dépassée .
— Robert : « Mesdames, messieurs… si c’est un test… jouons. Jouons parfaitement. »
— Nicolas, les doigts déjà sur le clavier : « Voilà. Enfin quelqu’un qui parle ma langue. »
Il reprend lentement, très lentement là où le mouvement s’était stoppé auparavant, d’abord seul puis, les autres hésitent… puis suivent.
Les archets reprennent, incertains.
La musique recommence comme pour une répétition normale.
La porte vibre soudain, comme frappée de l’extérieur.
Colline sursaute.
— Colline en arrêtant de jouer : « Quelqu’un essaie d’entrer ! »
— Georges stoppant à son tour : « Non, je pense plutôt … que quelqu’un vérifie qu’on ne sorte pas. »
— Marc, la voix tremblante : « La porte… elle a vibré de l’intérieur ou de l’extérieur ? Dites-moi que c’était de l’extérieur. »
— Nicolas, ricanement nerveux : « Bien sûr. Et après, on va croire que le bâtiment respire. »
— Colline : « Arrête, Nicolas… écoutez… il y a un bourdonnement. Avant, il n’y était pas. »
— Georges : « Ce n’est pas un bourdonnement. C’est une fréquence. Régulière. Calculée. »
— Robert, tentant de reprendre contenance : « Assez. Ce théâtre n’a jamais été équipé de— »
Il s’interrompt. Le panneau rouge clignote plus vite.
« DÉVIATION ÉMOTIONNELLE DÉTECTÉE. »
— Marc : « Vous avez vu ? Elle… elle réagit quand on parle. »
— Nicolas : « Elle ? On en est déjà là ? »
— Colline, presque en larmes : « Nicolas, la lumière a baissé quand tu as crié. »
— Georges : « Ce n’est pas une machine classique. Elle analyse. Elle anticipe. »
Un temps.
« C’est un truc adaptatif !. »
— Robert, blême : « Impossible… ce système n’est pas branché au réseau. »
« ACCÈS AUTONOME CONFIRMÉ. »
— Marc : « On dirait que ce machin nous entend, nous voit. Même sans caméras. »
— Nicolas, se levant brusquement : « Alors on fait quoi ? On pète tout ? »
Les lumières vacillent aussitôt.
« COMPORTEMENT HOSTILE ANTICIPÉ. »
— Colline : « Non ! S’il te plaît,Nicolas, assieds-toi ! »
— Georges : « Attendez… si elle anticipe nos gestes, peut-être qu’elle ne comprend que des schémas. »
— Robert : « Des schémas… musicaux ? »
— Georges : « Oui. Si on joue faux. Si on sort de la logique. »
— Marc, déglutissant : « Vous voulez dire… improviser ? »
Un silence terrible.
Le panneau rouge s’arrête net de clignoter.
« ERREUR DE PRÉVISION. »
Alors tous se jettent sur leurs instruments et monte une indescriptible cacophonie.
Vendredi 30 Janvier 2026
3ème scène
La nuit est tombée sur les champs détrempés autour de Compiègne.
Jean-Pierre et Marguerite avancent en silence, haletants, les chaussures pleines de boue.
Au loin, un ronronnement de moteur se fait entendre. Ils se figent.
Marguerite attrape le bras de Jean-Pierre et le tire brutalement dans un fossé.
Marguerite — « Chut… surtout pas de mouvement. »
La voiture passe lentement sur la départementale, les phares balayant les talus comme un projecteur de mirador.
Jean-Pierre tremble, collé à la terre froide.
Jean-Pierre — « Tu crois qu’elle… qu’elle nous cherche ? »
Marguerite — « J’en sais rien. Mais tout ce qui roule, tout ce qui capte, tout ce qui transmet peut nous balancer sans qu’on le sache. »
Ils attendent. Le moteur s’éloigne enfin.
Le silence revient, épais.
Jean-Pierre — « J’ai l’impression qu’on est dans un film de SF. »
Marguerite — « Non. On est dans la vraie vie, a pire. »
Ils reprennent leur marche sur un sentier forestier à peine visible.
Une branche craque. Ils sursautent. Puis une autre.
Jean-Pierre — « Paris à pied… t’es folle. »
Marguerite — « Folle vivante vaut mieux que raisonnable recalibrée. »
Elle sort un plan en papier froissé.
Marguerite — « On longe l’Oise, on évite les villages. Demain soir, on est chez Georges. Zéro électronique. »
Jean-Pierre — « Ton ami survivaliste ? »
Marguerite — « Non. Juste quelqu’un qui déteste les machines et qui les observe avant qu’elles nous observent. »
Un éclair illumine les nuages bas.
Jean-Pierre — « Un drone ?! »
Marguerite — « Non Jean Pierre, juste un orage. »
Ils accélèrent. Presque en courant.
Jean-Pierre — « Plus jamais d’ordinateur… »
Marguerite — « Plus jamais rien qui s’allume tout seul. »
Ils disparaissent dans la forêt.
Une heure plus tard.
Marguerite — « Stop. Ne bouge plus… t’as vu ça, entre les troncs ? »
Jean-Pierre — « Oui… un chevreuil, ou un sanglier… j’y connais rien à ces bestioles. »
Marguerite — « Arrête, Jean-Pierre. Un sanglier c’est une sorte cochon, un chevreuil ça ressemble un peu une biche en plus petit. Ne fais pas semblant d’être plus idiot que tu ne l’es. »
Elle plisse les yeux.
Marguerite — « Regarde là-bas… un chemin goudronné. Stop, écoute. »
Jean-Pierre — « Quoi ? On est déjà sortis du bois ? »
Marguerite — « Trois heures qu’on marche, j’en peux plus, je suis épuisée. »
Jean-Pierre — « Y a personne. Écoute. C’est le vide sidéral . »
Marguerite — « Le silence n’empêche pas une caméra de filmer, Jean-Pierre. »
Jean-Pierre — « Tu vois des menaces partout… »
Marguerite — « Et toi tu es trop naïf . »
Un hameau apparaît. Des fenêtres éclairées.
Jean-Pierre — « De la lumière. On a besoin d’aide. On ne peut pas crever de froid ici… »
Marguerite — « Attends. Écoute avant d’avancer. »
Jean-Pierre — « Une télé… et alors ? »
Marguerite — « Une télé aujourd’hui est reliée au système. Elle transmet tout. On frappe là, on est cuits. »
Jean-Pierre — « Tu crois vraiment qu’elle nous voit ? »
Marguerite — « Elle ne voit pas. Elle compte. Elle mesure. Elle apprend.Allez, Maison suivante. »
Ils avancent furtivement .
Jean-Pierre tout bas — « Encore de la lumière… des sons de jeu vidéo. »
Marguerite — « Voilà. Tu commences à comprendre. »
Jean-Pierre — « Tu exagères quand même… Marguerite — « Si j’exagère, vas-y. Sonne. Moi, je ne viens pas»
Ils scrutent une autre maison.
Jean-Pierre — « Lumière faible… aucun bruit. »Marguerite regarde par la fenêtre.
Marguerite — « La dame… »
Jean-Pierre — « Elle dort ou elle est morte ? »Marguerite — « Elle lit. Et écoute… merde… de la musique. C’est Claude François !»
Jean-Pierre — « Claude François ? ah, ah ah, tu pouvais te moquer de moi … (il fredonne) « Mes amis, mes amours, mes emmerdes… Charles Aznavour Marguerite !»
Marguerite — « ouais, ouais, ok, maison suivante. »
Encore une façade.
Jean-Pierre — « Eux c’est écran géant… série chinoise… »
Marguerite — « bon, voilà, notre meilleure option c’est Charles Trenet, on revient. »
Jean-Pierre — « Charles Aznabour…Ils retournent vers la maison de la dame.
À travers la fenêtre, la dame a disparu…la voix d’Aznavour entonne : La Bohème…Brusquement la porte s’ouvre .
La Dame — « Simba ? Simbààà ? … puis elle les distingue dans la pénombre.Oh ! Qui êtes-vous ? Je n’ai rien à voler ! »
Marguerite — « Non, madame… on n’est pas venus vous attaquer, on… cherche… euh…un endroit pour la nuit… »
La vieille dame les observe, puis jette un regard de contrôle vers la route.
La Dame —« … oui je sais, L’Internet… l’Intelligence Artificielle… c’est ça ? »Marguerite — « D’où vient la musique, madame ? »
La Dame — (sourit) « D’un tourne-disque, ma petite. Un vinyle. Entrez. »
Avec les voix de Benjamin de Muguet, Catherine d’Arcachon, Sylvie de Brie sur Marne
Vendredi 06 Février 2026
3ème scène – 2ème partie
Salle de répétition du 20eme arrondissement de paris
Le silence tombe d’un coup, assommant .
— Nicolas, chuchotant : « Bon… on dirait que ta théorie marche, MacGyver des quartiers populaires . »
— Georges, déjà en train de désaccorder son violoncelle : « Continuez. Tous. Sortez de la gamme. Il faut jouer faux, faire du bruit en gardant un semblant de ligne mélodique . »
—Robert énervé, c’est totalement abscons de faire ça et je ne vois pas pourquoi je participerais à ça, c’est vraiment ridicule, vraiment !
Malgré sa désapprobation éclate un déluge de fausses notes .
Le panneau.
« MODÈLE INCOHÉRENT. RECALCUL »
— Marc, exalté : « Tu vois, Colline ! C’est exactement comme l’article que j’ai lu sur la désorientation des algorithmes, ça existe ! »
— Colline, jouant n’importe comment : « Oui ! Il faut casser ses repères cognitifs en espérant qu’elle va réouvrir les portes qu’on puisse partir, je ne comprends pas ce qui a pu démarrer ce foutoir»
— Robert, livide : « C’est grotesque… une machine ne peut pas comprendre ce que vous faites et encore moins être incommodée par du très très mauvais Mozart ! »
La porte tremble et des coups sourds résonnent derrière.
— Nicolas : « Si c’est elle qui tape, elle a le sens du spectacle, je commence à vraiment avoir la trouille ! »
— Georges qui avait arrêté de jouer s’était mis debout. Maintenant il marche à reculons le long du mur en le tapotant, tout à coup il s’écrie : « Là ! Derrière ce panneau acoustique. Il y a un… vide ou une pièce. Robert, vous savez ce qu’il y a là derrière ?»
— Robert, méprisant: « écoutez, je suis chef d’orchestre, vous pensez bien que je ne me promène pas derrière les murs ! »
Georges attrape une chaise et avec le haut de son dossier se met à cogner à la base du mur, comme un dingue; le bruit est assourdissant et il tape,!il tape de toutes ses forces.
Le panneau surbrillant .
« ACTION NON AUTORISÉE »
— Marc : « Georges, arrête ! Tu vas déclencher encore un truc qu’on ne saura pas stopper ! »
— Georges : « ah oui ? Alors qu’est ce qu’on fait ? On reste là à attendre la suite ? De toute façon elle est déjà énervée ! Viens m’aider »
À force de frapper le mur avec la chaise métallique, il finit par y faire un trou, excité il poursuit son ouvrage …
— Colline, paniquée : «Non Marc n’y va pas, elle va nous punir ! »
— Robert, déchaîné: « Ah ah ah biensur, le panneau là, ah ah, il va nous châtier, mais vous vous rendez compte de ce que vous dîtes ? »
Georges tire Nicolas par la manche. Il a réussi à creuser un trou où il est possible de passer en rampant
— Georges : « viens, maintenant ! Avant qu’elle réagisse ! »
Ils se glissent dans la brèche et disparaissent .
Le panneau clignote frénétiquement.
« ANOMALIE. ANOMALIE. »
Marc, Colline et Robert restent figés dans la lumière rouge battante.
Avec les voix de Benjamin de Muguet, Catherine d’Arcachon, Thibault de Paris
Ecris la suite et envoie la !

