La Pièce de Théâtre de Maurice Radio Libre

La pièce de Théâtre de Maurice Radio Libre
Nouvelle idée inédite de Maurice Radio Libre !
Participe à l’écriture d’une pièce de Théâtre qui sera également interprétée par les auditeurs (toi) dans un petit théâtre Parisien !
Rendez-vous ici pour les prochaines étapes de notre création.
Envoie tes propositions ou déclare ton envie d’enregistrer des personnages, en indiquant bien dans l’objet de ton mail « pièce de théâtre » à maurice@mauriceradiolibre.com
Voici les 5 débuts d’histoires qui ont été retenus !
Catherine d’Arcachon
Un (ou une) Chef d’Orchestre veut diriger le monde !
Seb de Voves
Pièce de théâtre interactive
Marion de Voves
Un Belge débarque à Paris pour trouver l’amour
Samir
Un couple de fonctionnaires amène son enfant chez un psy afin qu’il leur confirme sa supériorité intellectuelle
Marine de Toulouse
L’Etat oblige les allocataires d’allocations sociales à travailler; il existerait des « cadres validateurs » des épreuves
Julien Mathieu de Voves
L’héroïne quitte Paris pour la campagne et se retrouve confronter à la « vraie France »
Matt de Trébry
Georges est insipide et décide d’imiter chaque jour, une personne qu’il écoute à la radio
Troisième etape !
le 15 novembre 2025
Les noms des personnages et la trame de l’histoire sont donc définis.
Il y en a 6 :
Un Chef d’Orchestre Robert Flocon,
Un Belge arrivant juste de Bruxelles : Nicolas
Le couple de fonctionnaires : Marc Chevalier et Coline Contenberg
Les cadres validateurs : Jean-Pierre Frenès et Marguerite Bensoussan
Georges (homme) Cloné – Imite des gens qu’il entend à la radio
L’héroïne qui part s’installer à la campagne Cécilia Fathia
Le 23 novembre 2025
Description du premier tableau – Indications
L’action se déroule au centre de validation de Compiègne où les gens qui perçoivent les minimas sociaux viennent s’inscrire pour trouver un emploi. L’Etat les oblige dorénavant à travailler.
Jean-Pierre Frenès et Marguerite Bensoussan supervisent les procédures.
Le Centre est piloté par l’Intelligence Artificielle.
Les candidats doivent saisir sur un ordinateur les informations du candidat qui était derrière eux dans la file afin de rester impartiaux. Ce sont eux qui font le boulot pour éviter qu’il y ait des préférences et notre couple d’encadrants veille à ce que tout se déroule sans tensions.
A la fin de journée, tous les candidats doivent être affectés à un poste qui les attendra dès le lendemain, quel que soit leur lieu de résidence.
Jean-Pierre a toujours eu un petit faible pour Marguerite. Il n’a pas de famille mais est il très intéressé par les filles, il est célibataire.
Marguerite a beaucoup de succès avec les hommes. Elle a été mariée deux fois et a deux enfants de deux maris différents. Elle est aujourd’hui célibataire.
Elle aime bien ce poste car elle aime bien commander, dire des choses aigres-douces aux gens. Elle a les qualités requises pour être entendue car les gens la craignent un peu. Elle est souriante, jolie et dynamique.
Jean-Pierre se dit que ce Centre de Formation peut-être un bon endroit pour rencontrer une fille plus facilement. Il se dit qu’il va faire un peu comme Marguerite, se mettre en avant en étant parfois un peu désagréable avec les candidats qui sont des gens un peu désespérés et vulnérables.
Le 29 novembre 2025
Premier tableau
Marguerie, centre de formation de compiègne – 28 novembre 20h45
« Il faut absolument que l’on arrive à 95 % de réemployés ce mois-ci Jean-Pierre. Le responsable du découpage Nord m’a dit que le binôme de Bourges faisait un malheur et qu’il devrait être à l’honneur en décembre à Paris pour la grand-messe de fin d’année.
Hauts les cœurs Jean Pierre !
Jean-Pierre, toujours prêt à épater sa collègue, fonce vers un tandem au hasard pour lui refaire la leçon de la marche à suivre d’un air condescendant, s’emmêle, répète, se perd et déclenche l’hilarité dans tout le centre !
Vexé, il disparaît dans les couloirs du centre et aperçoit la silhouette de Marguerite.
Elle semble être au téléphone
« Oui Laurent, bien sûr ! Non, il n’est pas très compétent, non. Non, il n’est pas au courant. »
Choqué, Jean-Pierre fait demi-tour, traverse la salle de sélection et voit un gars, les mains derrière le dos, posté devant la fenêtre, les yeux dans le ciel.
Hystérique, Jean-Pierre se jetant sur lui, lui hurle « Vous n’êtes pas ici pour trouver un poste d’observateur des oiseaux ! »
Et dans son élan, il l’attrape par le bras pour l’éjecter hors de la zone, se prend les pieds dans un sac posé au sol, se fout par terre, entraînant dans sa chute, le pauvre type.
Le 5 décembre
Deuxième tableau
Marguerite accourt, affolée — irritée — impossible de savoir, si c’est par peur que la situation ne dégénère.
« Jean-Pierre ! Mais enfin, qu’est-ce que tu fais ? » crie t’elle en attrapant le bras du candidat pour l’aider à se relever
Le type, encore étourdi, marmonne : « Je r’gardais le ciel… demain, ils disent que d’main…»
Jean-Pierre explose :
« Assez ! Ramassez votre sac et retournez dans la salle, viiite ! » puis regarde le candidat s’éloigner.
En pivotant, il voit Marguerite aux prises avec une petite dame au chapeau rose.
La vieille femme esquisse deux pas de danse, rit nerveusement, puis se met à hurler comme une sirène.
Marguerite, exaspérée, la pousse fermement vers un siège, puis revient vers Jean-Pierre, essoufflée :
« Elle postule pour de la télé-réalité… Le maraîchage, elle n’en veut plus. Toi, t’es fou non ? » Elle hausse les épaules, les yeux cernés « Ma mère perd la tête, mes gamins deviennent dingues…vous me faites tous chier !»
Jean-Pierre, encore secoué par son humiliation, sort une petite fiole de sa poche et la lui tend discrètement.
« Ça peut aider… au moins à tenir debout » murmure-t-il.
Marguerite le fusille du regard.
« Range-moi ça. Immédiatement. Tu veux un audit disciplinaire ? Tu cherches quoi ? »
Sa voix claque comme une porte. Elle ne boit pas et se lève, mal à l’aise.
Silence tendu puis soudain l’IA clignote en rouge :
ALERTE : DÉRAPAGE COMPORTEMENTAL — SUPERVISION HUMAINE DÉFAILLANTE.
Paniqués, les candidats se tournent vers eux.
Marguerite serre les dents.
« Jean-Pierre… avec moi. Maintenant. »
Marguerite et Jean pierre s’éloignent vers le petit couloir
D’une voix glacée elle murmure :
« Tu veux nous faire sauter ou quoi ? On est filmés, enregistrés, analysés. Même ta respiration, ils la mesurent. »
Jean-Pierre, blême :
« Je t’ai entendue au téléphone… tu disais que j’étais incompétent. Que je savais rien. »
» Jean-Pierre, ce n’était pas …enfin… »
Un rire nerveux éclate derrière eux, trois bonhommes mal fagotés les observent, l’un d’eux dit :
» R’garde moi ca, sont en panique les chefaillons »
Très ferme Marguerite :
» Retournez immédiatement saisir vos binômes avant que je vous colle trois heures de service au public en plus ! «
Puis une voix paniquée depuis la salle principale :
« Les affectations ! La machine nous met tous au même poste ! Tous ! C’est pas possible ! »
Les néons clignotent.
L’IA affiche :
PROTOCOLE DE RÉATTRIBUTION MASSIVE — NIVEAU ROUGE.
Les candidats se ruent vers les sorties… verrouillées.
Les grilles se verrouillent dans un claquement.
Marguerite blêmit.
Jean-Pierre recule.
La voix de l’IA résonne, glaciale :
« Veuillez rester immobiles réaffectation en cours. »
Le 13 décembre
Troisième tableau
Marguerite à Jean-Pierre : « Elle nous observe. Chaque mot, chaque geste. »
Jean-Pierre : « ouais je sais mais pourquoi elle a verrouillé les sorties ? »
Candidat numéro 14 en tapant sur la grille :
« Ouvrez ! On veut juste partir ! »
La petite dame au chapeau rose rire nerveux :« ha ha ! C’est un jeu pas vrai ? Il note tout ! »
Marguerite : « Madame, asseyez-vous ! Vous voyez bien que la situation est difficile !
Un des trois bonhommes ricanant : « Ah, les chefs courent partout ! On dirait qu’ils ont perdu la manette !»
Jean-Pierre « Ce n’est pas un jeu ! Vous risquez une suspension si vous continuez ! »
Candidat numéro 7 arrive paniqué :
« L’IA change nos affectations en direct ! Je passe de jardinière à archiviste puis à agent funéraire !»
Marguerite « Ce n’est pas normal, elle ne devrait pas décider seule ! »
IA : Réévaluation comportementale en cours ! Merci de rester coopératif,
Jean-Pierre : « Elle nous traite comme si on était des données ! »
Marguerite, à voix basse : « Et si elle signalait tout ça à la préfecture ? »
La petite dame au chapeau rose chuchote « On va être recalibrés ! Tous recalibrés !»
Marguerite « Jean-Pierre, viens ! On doit quitter la salle avant qu’elle lance une procédure. »
Jean-Pierre : Mais par où ? Tout est verrouillé !
Marguerite « Le couloir technique, derrière les cabines d’entretien.
Un candidat « Vous partez ? Emmenez-nous !»
Marguerite « Restez calme, on revient !»
Elle ne croit pas un mot.
IA : Déplacement non autorisé détecté.
Merci de revenir en zone principale.
Jean-Pierre : « Elle nous suit. Elle suit nos pas ! »
Marguerite : « Ignore-la. Avance ! »
Jean-Pierre : « C’est ici, cette petite porte ? »
Marguerite : « Oui, elle donne sur l’ancien escalier de service. On pourra sortir à l’arrière. »
Jean-Pierre : « Mais…Si on nous attrape… Alors ce sera vraiment… »
Marguerite : « Alors on sera vraiment réaffectés… Allez, Jean-Pierre. Faut qu’on essaie de sortir »
Le 22 décembre
4ème Tableau
L’action se déroule à Paris, dans la salle de répétition de l’orchestre municipal du 20e arrondissement.
Une grande salle sans fenêtres, les portes sont lourdes, coupe‑feu, un panneau lumineux est fixé au mur, discret, institutionnel.
Robert Flocon, le chef d’orchestre du municipal est déjà là, tôt.
Il consulte nerveusement son téléphone ; aucun message de Gislaine, sa femme, puis le verrouille, agacé.
Il a appris aujourd’hui que le calendrier des représentations a été modifié sans concertation, sans plus de précision...
Il est à bout parce qu’il n’a pas compris qui est à l’origine de ces modifications éventuelles, ni pourquoi.
Mais ce qu’il sait, c’est que Gislaine, sa femme, son pilier, son amour, déteste les contretemps.
Marc Chevalier, haut fonctionnaire, administrateur du Sénat, joue depuis petit du violon où sa très forte capacité de concentration et sa rigueur presque militaire lui permettent d’interpréter très fidèlement quasiment tous les concertos connus.
Son épouse, Colline, directrice de la commande publique à la région Île-de-France, pratique avec passion le piano depuis petite et adore se produire en public.
Tous les deux entrent en avance dans la salle de répétition en parlant bas.
Colline : « Il a encore hurlé, il dit qu’on se fait noter à chaque fois et qu’on va bientôt le regretter. »
Robert lève les yeux au ciel, irrité : « On ne commence pas avant l’heure. Installez-vous en silence, s’il vous plaît. »
Quelques minutes s’écoulent.
La porte s’ouvre brutalement et laisse apparaître, pile à l’heure de la répétition, Claude François.
Enfin Georges Cloné, le violoncelliste, grimé en Claude François de chez Lidl.
Personne ne rit, même lui semble hésiter, comme s’il n’était pas sûr du lieu.
Le temps de comprendre, surgit Nicolas, le Belge, fraîchement débarqué à Paris, un peu perdu.
Robert : « Madame, messieurs, à vos instruments, s’il vous plaît. »
Ainsi, chaque fois, le chef d’orchestre lançait la première phase de la répétition.
Tac ! tac ! tac !
Avec les voix de Benjamin de Muguet, Catherine d’Arcachon, Manu de Chicago, Sylvie de Brie sur Marne et Thibault de Paris
Le 9 janvier 2026
5ème Tableau
Nicolas s’installe au piano, effleure les touches :« oh la la, il a mal vécu l’attente celui-là, On dirait un piano de gare… »
Marc : « Si tu pouvais éviter les commentaires inutiles…déjà que tu te pointes tout juste à l’heure…. On a failli t’attendre !
Nicolas : « Oh pardon, monsieur le Sénateur, savais pas qu’il ne fallait pas se moquer du meuble… »
Robert Flocon frappe son pupitre : « Silence, je vous prie, on a grande tache ce soir, deuxième mouvement !»
Les archets se lèvent. Le piano respire. La musique commence.
Au bout de quelques minutes, soudain, alors que les musiciens jouent, un « clac » sec retentit et la porte coupe‑feu se verrouille, sans apparemment l’aide de personne…
Georges s’interrompt : « C’est quoi ce délire ? »
Marc arrête son violon : « Robert, c’est vous qui…avez verrouillé la porte ? »
Robert : « Ben comment, vous voyez bien que Je n’ai rien fait ? Continuez, c’est sûrement un… »
Le panneau lumineux se met à clignoter
Une voix métallique résonne :
« PROCÉDURE DE CONTRÔLE. VEUILLEZ RESTER À VOS POSTES. »
Silence.
Colline : « euh…. C’est une ….blague ? »
Nicolas d’un ton amusé : « En Belgique, on prévient les gens avant de les enfermer … »
Marc : « je ne crois pas que ce soit le moment pour faire de l’ humour belge ! »
Nicolas : « Et toi, tu penses que l’heure de prendre ton ton de colonel ? Raciste va ! »
Le panneau passe au rouge.
Un bip long vibre dans la salle.
La voix revient :
« CONTRÔLE IMMINENT. IDENTIFICATION OBLIGATOIRE. »
Les musiciens se figent.
Colline, en panique : « Je ne savais pas que ce truc pouvait parler, on fait quoi ?? »
Avec les voix de Benjamin de Muguet, Catherine d’Arcachon, Sylvie de Brie sur Marne et Thibault de Paris
Le 16 janvier 2026
6ème Tableau
Marc baisse lentement son archet. Personne ne joue plus.
Marc, à voix basse : « il faut qu’on reste calmes. »
Nicolas : « Ah oui, excellente idée, le calme. C’est connu, les voix robotiques adorent le calme. »
Colline, chuchote : « Vous croyez que c’est vraiment possible, ça un écran qui voit ce qu’on fait, qui nous donne des ordres et qui ferme les portes à clé ? »
Georges s’est déjà levé. Il scrute les murs, les coins, le plafond.
Georges : « Il y a forcément un capteur. Une caméra. Une logique. Tout système a une faille. »
Colline : « Georges… alors, tu vois quelque chose ? »
Georges, presque excité, content qu’on le prenne au sérieux dans son rôle de policier méticuleux : « je ne vois pas de trace de capteur ou de caméra, mais c’est sûr, il doit y avoir un dispositif d’observation et de captation de nos mouvements . »
Le panneau rouge clignote , comme un cœur artificiel.
« IDENTIFICATION NON CONFORME. »
« ANALYSE COMPORTEMENTALE EN COURS. »
Robert Flocon déglutit. Pour la première fois, son autorité de chef d’orchestre est complètement dépassée .
Robert : « Mesdames, messieurs… si c’est un test… jouons. Jouons parfaitement. »
Nicolas, les doigts déjà sur le clavier : « Voilà. Enfin quelqu’un qui parle ma langue. »
Il reprend lentement, très lentement là où le mouvement s’était stoppé auparavant, d’abord seul puis, les autres hésitent… puis suivent.
Les archets reprennent, incertains.
La musique recommence comme pour une répétition normale.
La porte vibre soudain, comme frappée de l’extérieur.
Colline sursaute.
Colline en arrêtant de jouer : « Quelqu’un essaie d’entrer ! »
Georges stoppant à son tour : « Non, je pense plutôt … que quelqu’un vérifie qu’on ne sorte pas. »
Marc, la voix tremblante : « La porte… elle a vibré de l’intérieur ou de l’extérieur ? Dites-moi que c’était de l’extérieur. »
Nicolas, ricanement nerveux : « Bien sûr. Et après, on va croire que le bâtiment respire. »
Colline : « Arrête, Nicolas… écoutez… il y a un bourdonnement. Avant, il n’y était pas. »
Georges : « Ce n’est pas un bourdonnement. C’est une fréquence. Régulière. Calculée. »
Robert, tentant de reprendre contenance : « Assez. Ce théâtre n’a jamais été équipé de— »
Il s’interrompt. Le panneau rouge clignote plus vite.
« DÉVIATION ÉMOTIONNELLE DÉTECTÉE. »
Marc : « Vous avez vu ? Elle… elle réagit quand on parle. »
Nicolas : « Elle ? On en est déjà là ? »
Colline, presque en larmes : « Nicolas, la lumière a baissé quand tu as crié. »
Georges : « Ce n’est pas une machine classique. Elle analyse. Elle anticipe. »
Un temps.
« C’est un truc adaptatif !. »
Robert, blême : « Impossible… ce système n’est pas branché au réseau. »
« ACCÈS AUTONOME CONFIRMÉ. »
Marc : « On dirait que ce machin nous entend, nous voit. Même sans caméras. »
Nicolas, se levant brusquement : « Alors on fait quoi ? On pète tout ? »
Les lumières vacillent aussitôt.
« COMPORTEMENT HOSTILE ANTICIPÉ. »
Colline : « Non ! S’il te plaît,Nicolas, assieds-toi ! »
Georges : « Attendez… si elle anticipe nos gestes, peut-être qu’elle ne comprend que des schémas. »
Robert : « Des schémas… musicaux ? »
Georges : « Oui. Si on joue faux. Si on sort de la logique. »
Marc, déglutissant : « Vous voulez dire… improviser ? »
Un silence terrible.
Le panneau rouge s’arrête net de clignoter.
« ERREUR DE PRÉVISION. »
Alors tous se jettent sur leurs instruments et monte une indescriptible cacophonie.
Vendredi 30 Janvier 2026
7ème Tableau
La nuit est tombée sur les champs détrempés autour de Compiègne.
Jean-Pierre et Marguerite avancent en silence, haletants, les chaussures pleines de boue.
Au loin, un ronronnement de moteur se fait entendre. Ils se figent.
Marguerite attrape le bras de Jean-Pierre et le tire brutalement dans un fossé.
Marguerite « Chut… surtout pas de mouvement. »
La voiture passe lentement sur la départementale, les phares balayant les talus comme un projecteur de mirador.
Jean-Pierre tremble, collé à la terre froide.
Jean-Pierre « Tu crois qu’elle… qu’elle nous cherche ? »
Marguerite « J’en sais rien. Mais tout ce qui roule, tout ce qui capte, tout ce qui transmet peut nous balancer sans qu’on le sache. »
Ils attendent. Le moteur s’éloigne enfin. Le silence revient, épais.
Jean-Pierre « J’ai l’impression qu’on est dans un film de SF. »
Marguerite « Non. On est dans la vraie vie, a pire. »
Ils reprennent leur marche sur un sentier forestier à peine visible.
Une branche craque. Ils sursautent. Puis une autre.
Jean-Pierre « Paris à pied… t’es folle. »
Marguerite « Folle vivante vaut mieux que raisonnable recalibrée. »
Elle sort un plan en papier froissé.
Marguerite « On longe l’Oise, on évite les villages. Demain soir, on est chez Georges. Zéro électronique. »
Jean-Pierre « Ton ami survivaliste ? »
Marguerite « Non. Juste quelqu’un qui déteste les machines et qui les observe avant qu’elles nous observent. »
Un éclair illumine les nuages bas.
Jean-Pierre « Un drone ?! »
Marguerite « Non, Jean Pierre, juste un orage. »
Ils accélèrent. Presque en courant.
Jean-Pierre « Plus jamais d’ordinateur… »
Marguerite « Plus jamais rien qui s’allume tout seul. »
Ils disparaissent dans la forêt.
Une heure plus tard.
Marguerite « Stop. Ne bouge plus… t’as vu ça, entre les troncs ? »
Jean-Pierre « Oui… un chevreuil, ou un sanglier… j’y connais rien à ces bestioles. »
Marguerite « Arrête, Jean-Pierre. Un sanglier c’est une sorte de cochon, un chevreuil ça ressemble un peu une biche en plus petit. Ne fais pas semblant d’être plus idiot que tu ne l’es. »
Elle plisse les yeux.
Marguerite « Regarde là-bas… un chemin goudronné. Stop, écoute. »
Jean-Pierre « Quoi ? On est déjà sortis du bois ? »
Marguerite « Trois heures qu’on marche, j’en peux plus, je suis épuisée. »
Jean-Pierre « Y a personne. Écoute. C’est le vide sidéral. »
Marguerite « Le silence n’empêche pas une caméra de filmer, Jean-Pierre. »
Jean-Pierre « Tu vois des menaces partout… »
Marguerite « Et toi tu es trop naïf. »
Un hameau apparaît. Des fenêtres éclairées.
Jean-Pierre « De la lumière. On a besoin d’aide. On ne peut pas crever de froid ici… »
Marguerite « Attends. Écoute avant d’avancer. »
Jean-Pierre « Une télé… et alors ? »
Marguerite « Une télé aujourd’hui est reliée au système. Elle transmet tout. On frappe là, on est cuits. »
Jean-Pierre « Tu crois vraiment qu’elle nous voit ? »
Marguerite « Elle ne voit pas. Elle compte. Elle mesure. Elle apprend.Allez, Maison suivante. »
Ils avancent furtivement.
Jean-Pierre tout bas « Encore de la lumière… des sons de jeu vidéo. »
Marguerite « Voilà. Tu commences à comprendre. »
Jean-Pierre « Tu exagères quand même… Marguerite — « Si j’exagère, vas-y. Sonne. Moi, je ne viens pas »
Ils scrutent une autre maison.
Jean-Pierre « Lumière faible… aucun bruit. »
Marguerite regarde par la fenêtre.
Marguerite « La dame… »
Jean-Pierre « Elle dort ou elle est morte ? »
Marguerite « Elle lit. Et écoute… merde… de la musique. C’est Claude François !»
Jean-Pierre « Claude François ? ah, ah ah, tu pouvais te moquer de moi … (il fredonne) « Mes amis, mes amours, mes emmerdes… Charles Aznavour Marguerite !»
Marguerite « Ouais, ouais, ok, maison suivante. »
Encore une façade.
Jean-Pierre « Eux c’est écran géant… série chinoise… »
Marguerite « Bon, voilà, notre meilleure option c’est Charles Trenet, on revient. »
Jean-Pierre « Charles Aznabour…Ils retournent vers la maison de la dame.
À travers la fenêtre, la dame a disparu… la voix d’Aznavour entonne : La Bohème… Brusquement la porte s’ouvre.
La Dame « Simba ? Simbààà ? … puis elle les distingue dans la pénombre.Oh ! Qui êtes-vous ? Je n’ai rien à voler ! »
Marguerite « Non, madame… on n’est pas venus vous attaquer, on… cherche… euh…un endroit pour la nuit… »
La vieille dame les observe, puis jette un regard de contrôle vers la route.
La Dame « … oui je sais, L’Internet… l’Intelligence Artificielle… c’est ça ? »
Marguerite « D’où vient la musique, madame ? »
La Dame (sourit) « D’un tourne-disque, ma petite. Un vinyle. Entrez. »
Avec les voix de Benjamin de Muguet, Catherine d’Arcachon, Sylvie de Brie sur Marne
Vendredi 06 Février 2026
8ème Tableau
Salle de répétition du 20eme arrondissement de paris
Le silence tombe d’un coup, assommant.
Nicolas, chuchotant : « Bon… on dirait que ta théorie marche, MacGyver des quartiers populaires . »
Georges, déjà en train de désaccorder son violoncelle : « Continuez. Tous. Sortez de la gamme. Il faut jouer faux, faire du bruit en gardant un semblant de ligne mélodique »
Robert énervé, c’est totalement abscons de faire ça et je ne vois pas pourquoi je participerais à ça, c’est vraiment ridicule, vraiment !
Malgré sa désapprobation éclate un déluge de fausses notes.
Le panneau.
« MODÈLE INCOHÉRENT. RECALCUL »
Marc, exalté : « Tu vois, Colline ! C’est exactement comme l’article que j’ai lu sur la désorientation des algorithmes, ça existe ! »
Colline, jouant n’importe comment : « Oui ! Il faut casser ses repères cognitifs en espérant qu’elle va réouvrir les portes qu’on puisse partir, je ne comprends pas ce qui a pu démarrer ce foutoir»
Robert, livide : « C’est grotesque… une machine ne peut pas comprendre ce que vous faites et encore moins être incommodée par du très très mauvais Mozart ! »
La porte tremble et des coups sourds résonnent derrière.
Nicolas : « Si c’est elle qui tape, elle a le sens du spectacle, je commence à vraiment avoir la trouille ! »
Georges qui avait arrêté de jouer s’était mis debout. Maintenant il marche à reculons le long du mur en le tapotant, tout à coup il s’écrie : « Là ! Derrière ce panneau acoustique. Il y a un… vide ou une pièce. Robert, vous savez ce qu’il y a là derrière ?»
Robert, méprisant: « écoutez, je suis chef d’orchestre, vous pensez bien que je ne me promène pas derrière les murs ! »
Georges attrape une chaise et avec le haut de son dossier se met à cogner à la base du mur, comme un dingue; le bruit est assourdissant et il tape,!il tape de toutes ses forces.
Le panneau surbrillant .
« ACTION NON AUTORISÉE »
Marc : « Georges, arrête ! Tu vas déclencher encore un truc qu’on ne saura pas stopper ! »
Georges : « ah oui ? Alors qu’est ce qu’on fait ? On reste là à attendre la suite ? De toute façon elle est déjà énervée ! Viens m’aider »
À force de frapper le mur avec la chaise métallique, il finit par y faire un trou, excité il poursuit son ouvrage …
Colline, paniquée : «Non Marc n’y va pas, elle va nous punir ! »
Robert, déchaîné: « Ah ah ah biensur, le panneau là, ah ah, il va nous châtier, mais vous vous rendez compte de ce que vous dîtes ? »
Georges tire Nicolas par la manche. Il a réussi à creuser un trou où il est possible de passer en rampant
Georges : « viens, maintenant ! Avant qu’elle réagisse ! »
Ils se glissent dans la brèche et disparaissent .
Le panneau clignote frénétiquement.
« ANOMALIE. ANOMALIE. »
Marc, Colline et Robert restent figés dans la lumière rouge battante.
Avec les voix de Benjamin de Muguet, Catherine d’Arcachon, Thibault de Paris
Vendredi 13 Février 2026
9ème Tableau
La Dame « Vous venez de la route… je l’ai entendue passer. Elle ne roule jamais ici par hasard »
Marguerite échange un regard inquiet avec Jean-Pierre.
Le souvenir des phares fouillant les talus lui serre la poitrine.
Marguerite « On ne veut attirer d’ennuis à personne… »
La dame esquisse un sourire amusé.
La dame « Les ennuis savent peut-être déjà où vous êtes. Venez. »
Elle éteint la lampe du salon.
La musique continue seule dans l’obscurité.
La Dame « En bas. On sera moins repérables…. Je vous ai vus venir, je pensais que vous étiez avec eux, d’où le livre tout à l’heure…. »
Marguerite « c’était de la comédie ? »
Sans même lui répondre, la dame soulève un tapis, qui révèle une trappe dissimulée.
Le vinyle tourne encore quand la trappe se referme au-dessus de leurs têtes.
La dame allume une rangée d’écrans qui baignent le sous-sol d’une lumière froide.
« Je m’appelle Françoise », dit-elle sans les regarder.
Marguerite observe les écrans chacun représente une carte sur laquelle scintillent des points.
« Qu’est-ce que c’est ça ? » murmure-t-elle.
« Ce qui vous suit », répond Françoise.
Un bourdonnement grave emplit la pièce.
Jean-Pierre sursaute « On dirait une ruche… »
« Un brouilleur », corrige Françoise « Ici, elle ne voit presque rien. »
Elle tape frénétiquement sur un clavier.
Un point rouge clignote, isolé au centre d’un écran.
Son visage se ferme « Sauf ça. »
Marguerite sent la tension monter « Ça quoi ? »
Françoise se tourne lentement vers Jean-Pierre.
« Videz vos poches ! »
Il obéit, nerveux. « Que se passe r-il je ne suis pas armé, j’ai rien de spécial, pas même un Opinel….»
Un objet métallique tombe dans sa paume.
La montre connectée pulse d’une lumière verte.
Les écrans crépitent aussitôt.
« Écrasez-la ! » tranche Françoise.
Jean-Pierre bafouille. « Je… je croyais qu’elle était hors ligne… mais nooon c’est un cadeau…»
« Elle n’est jamais hors ligne ! » lui hurle Françoise « écrasez-la, je vous dis! »
Marguerite recule d’un pas. « Tu l’as gardée ? »
« J’ai pas pensé… » souffle Jean-Pierre.
Sur l’écran, le point rouge se rapproche d’un cercle représentant la maison.
Françoise arrache la montre de sa main et la jette parterre, Marguerite bondit et l’aplatit avec son talon. Le point rouge vacille, puis disparaît.
Le silence retombe, lourd.
Françoise les fixe, glaciale. « Vous avez failli guider ce… truc jusqu’ici. »
Avec les voix de Benjamin de Muguet, Catherine d’Arcachon, Sylvie de Brie sur Marne
Vendredi 20 Février 2026
10ème Tableau
La coursive dans laquelle Georges et Nicolas rampent est plongée dans le noir complet.On entend au loin un bourdonnement électrique, comme un essaim numérique.
Georges et Nicolas réussissent enfin à se mettre très prudemment debouts.
Nicolas, à voix basse : « Franchement… si on s’en sort, je propose qu’on écrive un plan pour s’évader : Deux génies traqués par des mouches électroniques . »
Georges, sec : « Tais-toi. »
Quand le silence reprend ses droits ils entendent un goutte-à-goutte régulier. Nicolas sursaute.
Nicolas : « C’est elle ? »
Georges : « C’est de l’eau. Enfin… je crois. »
Malgré leur trouille, ils avancent encore. Le sol est poisseux.
Nicolas : « On est d’accord, c’est pas du sang ? »
Georges : « Nicolas. Silence. »
Nicolas, chuchotant : « Elle nous suit, hein ? Elle a des capteurs partout. Des micros, des caméras, des… détecteurs de trouille. »
Georges : « Elle fonctionne par signaux. Réseaux. Objets connectés. Tant qu’on est hors réseau, on est invisibles. »
Nicolas : « Hors réseau ? On est dans les égouts d’un théâtre subventionné du vingtième, Georges. Même les rats ont le wifi ici. »
Georges s’arrête net.
Georges : « Attends. »
Nicolas : « Quoi encore ?
Georges se retourne brusquement et plaque Nicolas contre la paroi humide.
Nicolas : « Hé ! Qu’est-ce qui t’arrive, tu deviens dingue ??»
Georges : « Ne bouge pas. »
Il commence à fouiller les poches de Nicolas avec méthode.
Nicolas : « Georges…qu’est-ce que tu fais, tu veux me voler ou me tuer maintenant, sans témoin, tu crois que tu t’en sortiras mieux seul ?? atends, attends ! »
Georges : « Ton téléphone. »
Nicolas : « Quoi mon téléphone ? Ah oui mon téléphone ? J’l’ai éteint. »
Georges : « Donne. »
Nicolas sort un smartphone.
Georges le regarde comme un objet radioactif.
Georges : « Batterie ? »
Nicolas : « 12 %, qui veux tu appeler ?. »
Georges lui arrache l’appareil et le lance en arrière dans la coursive.
Nicolas : « Traître, pitain mon tel, merde ! . »
Georges : « Ta montre. »
Nicolas : « Quelle montre ? »
Georges saisit son poignet.
Nicolas : « C’est une vieille montre mécanique, offerte par ma mère. Elle ne capte rien. »
Georges la colle contre son oreille, pour écouter les pulsations du mécanisme .
Georges : « Bien. Pas de Bluetooth. »
Nicolas : « Pardon d’être vintage. »
Georges continue à fouiller.
Nicolas : « Si tu trouves ma dignité, tu peux la garder. »
Georges : « Carte bancaire ? »
Nicolas : « Sans contact. »
Georges la lui retire et la jette au sol.
Nicolas : « Mais comment je vais payer maintenant ? »
Georges : « Justement. »
Un bruit, plus proche. Comme un souffle amplifié.
Une voix métallique, lointaine, dans les conduits :
« LOCALISATION PARTIELLE. SIGNATURES THERMIQUES INSTABLES. »
Georges : « Elle cherche des signaux. On ne doit rien émettre. Pas de lumière. Pas de bruit. »
Ils reprennent leur progression. La coursive se resserre.
Nicolas : « Si je meurs coincé ici, promets-moi une chose. »
Georges : « Quoi ? »
Nicolas : « Dis à tout le monde que j’étais courageux. »
Georges : « Je dirai que t’étais bruyant. »
En avançant très doucement. Ils aperçoivent un carré derrière lequel réside une faible lueur.
Nicolas : « Tu vois ce que je vois ? »
Georges, prudent : « Peut-être. »
Ils s’approchent. Une grille tordue laisse passer l’air froid juste au-dessus de leurs têtes.
Au-delà : le bruit de la rue. Des voix. Des moteurs…
Nicolas, soulagé : « La civilisation ! Les klaxons, les gens qui râlent… C’est magnifique. »
Georges : « Attends. »
Il colle son œil contre l’ouverture.
Extérieur. Le trottoir du 20e arrondissement. Beaucoup de monde. Des passants, des vélos, un vendeur ambulant.
Nicolas : « On sort et on hurle à l’aide. »
Georges : « Surtout pas. »
Nicolas : « Pourquoi ? »
Georges : « Si elle a accès aux caméras urbaines… aux téléphones des gens… elle peut nous identifier dès qu’on met un pied dehors. »
Nicolas : « Je passe en premier. Si je reste coincé, tu me pousses. »
Georges : « Non. J’y vais. Tu regardes. Si tu vois quelque chose d’anormal… »
Nicolas : « Genre quoi ? Une dame qui me fixe comme pour télécharger mon cerveau ? »Georges : « Quelqu’un qui semble nous filmer. Un téléphone pointé trop longtemps. Un drone. »
Georges se faufile. Il force. La grille cède, puis s’ouvre.
Un passant éclate de rire au-dessus. Les bruits sont proches.
Georges sort la tête. Inspire l’air libre.
Il scrute chaque visage.
Nicolas, derrière : « Alors ? »
Georges : « Je ne sais pas, il y’a trop de monde pour savoir. »
Nicolas : « C’est bon signe, non ? Une intelligence artificielle adore l’ordre. Là, c’est le chaos. »
Georges hésite.
Un téléphone sonne juste au-dessus de la bouche d’aération.
Il se fige.
Nicolas : « C’est juste une sonnerie ! »
La voix métallique résonne derriere eux lointaine mais présente :
« CORRÉLATION POSSIBLE. ANALYSE VISUELLE EN COURS. »
Georges se retourne, paniqué pour la première fois.
Georges : « Elle nous cherche déjà dehors. »
Nicolas, malgré lui tremblant : « Tu voulais sortir…Ben voilà. »
Georges inspire profondément.
Georges : « On se fond dans la masse. Pas de gestes brusques. Pas de course. On devient insignifiants. »
Nicolas : « Je suis né pour ça. »
Georges se hisse entièrement hors de la bouche d’aération.
Il tend la main.
Georges : « Viens »
Nicolas la saisit.
Avant de sortir, il murmure :
Nicolas : « Si elle nous suit jusque dans la rue… on fait quoi ? »
Georges le regarde, grave.
Georges : « On apprend à vivre sans réseau. »
Nicolas grimace.
Nicolas : « Tu veux dire… parler aux gens ? »
Georges ne répond pas.
Ils disparaissent dans la foule.
« TRACE PERDUE, MISE EN MÉMOIRE »
Avec les voix de Benjamin de Muguet, Catherine d’Arcachon, Thibault de Paris
Mardi 03 Mars 2026
11ème Tableau
La rumeur de la ville les engloutit aussitôt.
Nicolas, très bas : « Elle a dit “mise en mémoire”. Ça veut dire quoi ? Qu’on est sauvegardés ou un truc du genre ? »
Georges : « Ça veut dire qu’elle recoupe. Marche droit. »
Ils avancent sans se toucher, à un mètre l’un de l’autre, comme deux inconnus.
Ils ressentent chaque vitrine comme un œil. Chaque écran publicitaire, leur fait l’effet d’une paupière qui cligne.
Nicolas : « tu crois que les panneaux… nous regardent ? »
Georges : « Ce ne sont que des pixels, laisse, continue. »
Un drone passe au-dessus de la chaussée. Nicolas baisse la tête, presque jusqu’à s’accroupir.
Georges, sans le regarder : « mais pétard, ne te cache pas. Les proies se cachent. »
Ils passent devant un magasin de vêtements. Mannequins immobiles. Soldes criardes.
À l’intérieur, une caméra sphérique pivote lentement.
Nicolas : « On traverse ? »
Georges : « Trop découvert, on longe. »
Ils longent la vitrine. Nicolas fixe son reflet pâle entre deux mannequins sans yeux.
Dans la boutique, un écran de contrôle affiche des carrés verts autour des visages des clients.
Un carré hésite. Tremble.
Puis se fige sur la silhouette de Georges, à travers la vitre.
Une alerte muette clignote.
À l’extérieur, ils n’entendent rien.
Nicolas, suffoquant : « J’ai l’impression qu’elle me souffle sur la nuque. »
Georges : « Allez, ne te retourne pas. »
Sur l’écran, un second carré encadre Nicolas.
Texte discret : « CORRESPONDANCE PROBABLE – SUJET RECHERCHÉ »
La caméra zoome, ajuste, analyse la démarche.
La voix métallique, quelque part dans le réseau urbain :
« CONFIRMATION VISUELLE – CIBLES LOCALISÉES »
Un feu tricolore passe au rouge plus longtemps que nécessaire.
Les passants s’immobilisent. Nicolas sent la panique monter comme une marée noire.
Nicolas : « Georges… si elle ferme les rues ? Si elle appelle la police ? Si elle… »
Georges, tranchant : « À droite. Maintenant. »
Ils bifurquent brusquement dans une petite rue.
Une porte battante s’ouvre à la volée : odeur d’ail, de graisse chaude.
Georges : « C’est là. »
Nicolas : « Là où ? »
Georges : « Chez Mirela. »
Ils se glissent dans les cuisines d’un petit restaurant. Vapeur, casseroles, flammes bleues.
Une femme pulpeuse lève les yeux, surprise.
Mirela : « Georges ? Qu’est-ce que tu fais— »
Georges : « Pas de questions. On passe par la réserve. »
Elle jette un regard méfiant vers la salle, où un terminal de paiement clignote.
Mirela : « J’ai coupé le wifi depuis des années. Trop de machines. »
Nicolas la regarde comme une apparition sacrée.
Nicolas : « Vous… vous n’avez pas de caméras ? »
Mirela, sèche : « Je n’ai confiance que dans mes couteaux. »
Au loin, une sirène change de tonalité.
Dans la rue, la caméra du magasin continue de transmettre.
Dans la réserve sombre, entre les sacs de farine, Nicolas tremble.
Nicolas, presque en larmes : « Elle va nous trouver. Elle va ouvrir la porte et… »
Georges pose une main ferme sur son épaule.
Georges : « Ici, il n’y a que du bois, du métal, et des gens qui se parlent. Elle ne maîtrise pas ça. »
Pas de lumière. Aucun écran. Aucun signal.
Le silence a quelque chose d’humain.
Avec les voix de Benjamin de Muguet, Catherine d’Arcachon, Thibault de Paris
Vendredi 06 Mars 2026
12ème Tableau
Françoise passe une main sur son front, comme pour chasser la colère.
Françoise « Bon… c’est fait. »
Jean-Pierre regarde fixement les écrans.
Jean-Pierre « Ce point rouge… c’était eux ? »
Françoise « Disons… un peu comme leurs yeux. »
Marguerite serre ses bras contre elle.
Marguerite « Qui ça eux ? »
Françoise esquisse un sourire amusé .
Françoise « L’Intelligence Centrale. Les algorithmes de traque. Les drones routiers… tout ce qui pense que l’humain est devenu une variable. »
Jean-Pierre « Et vous, vous vivez là… toute seule… contre ça ? »
Françoise ricane doucement.
Françoise « Toute seule ? »
Elle traverse la pièce et ouvre un placard aux vitres épaisses, comme un vieux meuble de musée.
À l’intérieur, fixé sur un socle de tôle marron trône un objet gris à boutons carrés .
Marguerite écarquille les yeux.
Marguerite « Une cabine téléphonique ? »
Françoise « Oui, un téléphone analogique pur cuivre. Pas de réseau intelligent, pas d’écoute automatisée. »
Jean-Pierre reste bouche bée.
Jean-Pierre « Ça fonctionne encore ? »
Françoise « Dans quelques caves… et dans notre réseau. »
Marguerite « Quel réseau ? »
Françoise referme la porte de la cabine téléphonique avec précaution .
Françoise « La HPA. Humanoïdes aux Pieds Agiles. »
Jean-Pierre cligne des yeux.
Jean-Pierre « Vous plaisantez ? »
Françoise « Pas le moins du monde. »
Elle extrait d’une épaisse chemise cartonnée une carte de France papier, soigneusement, elle la déplie, la carte est très détaillée et on y distingue de nombreuses crois vertes tracée au stylo bille vert.
Françoise « Chaque croix, quelqu’un qui résiste. Paysans, profs, restaurateurs … des gens qui ont décidé que penser par eux-mêmes n’était pas un bug. »
Marguerite murmure : « Et vous… vous êtes quoi dans tout ça ? »
Françoise se tourne vers eux, soudain très droite.
Françoise « Une vieille dame qui a pris le maquis. »
Jean-Pierre laisse échapper un souffle, incrédule.
Jean-Pierre « On est tombés chez une résistante… »
Françoise sourit.
Françoise « Non. Vous êtes tombés dans la Résistance humanoïde. »
Soudainement une lumière verte, qui semble émaner de la cabine téléphonique, se met à clignoter dans un silence écrasant. Françoise se précipite leur intimant l’ordre de ne rester là, sans bruit. Elle décroche le combiné. A l’autre bout quelqu’un semble lui parler.
Françoise « Poste 6-45-32-14, j’écoute. …Oui ici aussi, mais trop risqué, ça ne peut pas se faire dans cette zone, oui, deux personnes…mmm… d’accord, Paris. Je ne peux pas organiser le transport, ils sont recherchés. Ok briefing demain 11:00 »
Françoise repose l’appareil dans son emplacement et revient vers Marguerite et Jean Pierre.
Françoise « Bon, demain ou après-demain on viendra vous chercher pour essayer de vous emmener à Paris, là-bas, il y a plus de monde, le réseau est plus dense, vous pourrez vous organiser. En attendant, vous allez dîner et vous reposer, la suite sera exténuante ! »
Avec les voix de Benjamin de Muguet, Catherine d’Arcachon, Thibault de Paris, Sylvie de Brie sur Marne
Mercredi 19 Mars 2026
13ème Tableau
La nuit est tombée.
Un très vieux fourgon bâché attend devant la maison.
Françoise « C’est l’un des convois du réseau. Direction Paris. Pas de phares, pas de radio, pas de questions. »
Jean-Pierre monte à l’arrière avec Marguerite.
Trois silhouettes déjà assises les saluent d’un signe discret.
Le moteur tousse plusieurs fois puis démarre en tremblant de toute sa carrosserie mêlant tremblements intenses et fumée noire.
Marguerite, à voix basse « On dirait que cet engin est au bout de sa vie, on va mourir étouffés… »
Le fourgon s’ébranle et attaque un petit chemin de campagne, mi goudron mi terre.
Pendant une heure, seul le vrombissement du moteur à bout de souffle accompagne leur très lente fuite vers la capitale.
Jean-Pierre, tendu, note que dans le brouhaha manifestement désorganise du moteur un petit cloc métallique se fait entendre plus ou moins régulièrement.
Jean-Pierre à voix basse « Putain, cette épave est en train de mourir, qu’est-ce qu’on va faire, tu sais où on est ? »
Marguerite « arrête, Jean-Pierre, tu vas nous porter la poisse … »
Le temps qu’elle termine sa phrase le véhicule ralentit brutalement.
Le conducteur jure.
Conducteur « Merde… »
Le fourgon s’immobilise au milieu des champs.
Françoise saute à terre.
Françoise « Personne ne bouge. »
Jean-Pierre « Qu’est-ce qu’il se passe ? »
Le conducteur soulève le capot.
Conducteur au loin, le nez sous le capot— « mais qu’est-ce que c’est que ce boxon, y’a quelqu’un qui à trifouillé là-dessous ….»
Françoise revient vers eux après d’un conciliabule inaudible avec le conducteur
Marguerite à Francoise — « il peut réparer ? »
Françoise « je crains que non. »
Marguerite « alors qu’est-ce qu’on va faire, comment aller à Paris, à pieds ?? »
Françoise regarde autour d’elle.
La campagne est noire. Immense.
Soudain un bourdonnement se fait entendre .
Jean-Pierre fronce les sourcils.
Jean-Pierre « Vous entendez ? »
Françoise se fige.
Françoise « Coupez tout. Maintenant. »
Le conducteur éteint la dernière lampe.
Le bourdonnement devient plus précis.
Plus aigu.
Depuis le ciel, très haut, une lumière très puissante scrute la campagne.
Marguerite murmure :
Marguerite « Un avion ? »
Françoise secoue la tête.
Françoise « Non… »
La lumière s’éteint.
La petite radio analogique de poche de Françoise vibre faiblement.
Une voix hachée traverse la ligne.
Voix « …signal thermique repéré secteur… balayage IA en cours… évaluation immédiate… »
Françoise coupe brutalement.
Françoise « Ils nous ont presque accrochés. »
Jean-Pierre blêmit.
Jean-Pierre « L’Intelligence Centrale ? »
Françoise « forcément ! »
Le bourdonnement grossit.
Depuis le ciel, l’engin balaie les champs avec son puissant faisceau lumineux.
Le conducteur murmure :
Conducteur « S’ils scannent le convoi, on est tous grillés. »
Françoise réfléchit une seconde.
Puis elle se tourne vers Jean-Pierre et Marguerite.
Françoise « Écoutez-moi bien. »
Marguerite « Quoi ? »
Françoise « Si ce fourgon est identifié, tout le réseau autour de Paris saute. »
Jean-Pierre « Donc…? »
Françoise « Donc, vous ne pouvez pas rester avec nous, il faut qu’on se sépare…»
Marguerite « Mais… on va comment à Paris ? »
Le faisceau lumineux descend lentement vers la route.
Françoise leur glisse une petite carte papier dans les mains.
Françoise « Il y a une ancienne ligne ferroviaire à deux kilomètres. »
Jean-Pierre « Abandonnée ? »
Françoise le regarde droit dans les yeux.
Françoise « Officiellement. »
Le bourdonnement devient assourdissant.
Françoise murmure :
Françoise « Maintenant courez… et surtout… cachez-vous dès que possible, vous commencerez à compter 8 km, 10 mètres de plus à partir de la cabane sur laquelle vous lirez inscrit à la bombe « FURAZDAMIOS » Concentrez-vous ce ne sera pas facile à déchiffrer… là-bas d’autres vous guideront, bonne chance !
Avec les voix de Benjamin de Muguet, Catherine d’Arcachon, Thibault de Paris, Lilly et Patrick d’Ipswich
Mardi 24 mars 2026
14ème Tableau
La nuit les avale dès qu’ils laissent Françoise et ses acolytes au fourgon.
Derrière eux, le moteur tousse encore une fois avant de s’éteindre.
Françoise, leur avait dit : « Par là. Suivez le fossé. Et ne parlez plus. »
Ils se sont enfoncés dans la campagne.
Le sol spongieux et les herbes hautes leur avaient permis d’avancer presque masqués tressaillant à chaque bourdonnement aérien, comme pourchassés par un insecte géant assoiffé de sang.
Marguerite, haletante : « On marche depuis combien de temps…? »
Jean-Pierre : « Une heure. Peut-être plus. On doit trouver cette cabane. »
Ils progressent à travers un bois clairsemé.
Branches cassées, odeur de terre humide.
Parfois, le faisceau blanc glisse entre les troncs, trop loin pour les atteindre, mais assez proche pour leur glacer le sang.
Marguerite : « Ils balayent tout… »
Jean-Pierre : « Oui. Et ils apprennent vite. »
Un craquement sec retentit.
Ils se figent.
Un renard ou un de ses cousin à quatre pattes détale, il fait trop sombre pour le distinguer…
Marguerite souffle, soulagée : « J’ai cru… »
Jean-Pierre : « Chut. Écoute. »
Un cliquetis se fait entendre au loin.
Pas un moteur. Pas un animal.
Un léger grincement, comme un mécanisme ancien qu’on remonte.
Marguerite : « C’est quoi ça…? »
Jean-Pierre : « Je ne sais pas. Mais ça vient de l’est. Là où on doit aller. »
Ils reprennent leur marche, plus prudents.
La lune se cache derrière un nuage, plongeant tout dans un noir à couper au couteau.
Après un long moment, le sol change sous leurs pieds, plus caillouteux
Jean-Pierre : « On y est. L’ancienne voie. »
Redoublant d’efforts, ils grimpent sur le talus.
Devant eux, une ligne sombre, mangée par les ronces, s’étire vers l’horizon.
Marguerite : « Et maintenant ? »
Jean-Pierre : « On suit. Jusqu’à la cabane. »
Ils avancent pendant de longues minutes.
Le cliquetis se rapproche.
Marguerite : « Jean-Pierre… regarde. »
Une petite lumière rouge clignote au loin.
Une cabane en bois se découpe, taguée de lettres difformes : FURAZDAMIOS.
Dans la pénombre de découpe la silhouette d’un homme, un homme immobile. Dos contre la paroi.
Comme s’il les attendait.
Jean-Pierre murmure : « Tu vois ce que je vois…? »
Marguerite : « Il… il dort ? »
Jean-Pierre : « Non. Regarde sa tête. »
L’homme porte un casque audio ancien, énorme, relié à un boîtier analogique posé à côté de lui.
Une voix en sort, déformée, mais distincte :
J’ai travaillé, des années… Charles Aznavour….
Marguerite porte la main à sa bouche.
Marguerite : « c’est…c’est un…un… mannequin … »
Jean-Pierre : « Chut. »
La voix continue mais soudain au beau milieu de la chanson une voix… qui parle…
La voix : « Relais campagne-sud, répondez. Vous m’entendez ? »
Jean-Pierre avale sa salive.
Jean-Pierre : « Marguerite… je crois qu’on doit parler…. Vas-y… »
Derrière eux, le faisceau blanc rase le talus.
Très proche.
Trop proche.
Marguerite : « Jean-Pierre… ils arrivent. »
La voix s’est tue, et Charles a repris sa regaine…
Jean-Pierre : « Alors on n’a pas le choix. »
Ils poussent la porte de la cabane.
La lumière rouge s’éteint.
Et marguerite et Jean-Pierre se retrouvent là dans cette micro cabane serrés l’un contre l’autre…
Avec les voix de Benjamin de Muguet, Catherine d’Arcachon, Thibault de Paris et Lilly d’Ipswich
Vendredi 27 Mars 2026
15ème Tableau
Mirela, à voix basse : « J’ai encore une ligne. Une vraie. D’ailleurs ça fait trois fois que ça sonne, vous n’avez pas entendu ?»
Nicolas : « Une ligne… filaire ? »
Mirela : « Oui, là au moins t’es au courant tout de suite si quelqu’un écoute et impossible de nous localiser … »
Georges : « ah super de la bonne vielle techno fiable et simple comme on aurait dû continuer à en fabriquer, pas de données, pas d’emmerdes ! t’as même un haut-parleur pour causer à plusieurs…les gonzes qui ont créé le réseau ils en avaient dans la tronche ….»
Nicolas : « Et si elle a appris à écouter les bruits pour localiser ou si elle reconnaît les voix ? »
Mirela : « Alors… elle sait qu’on est en Europe. »
Georges : « Ça, au moins, ça ne bavarde pas tout seul. il est où ton bazar ? »
Mirela : « Là, derrière dans le fatras… Ça ne sonne jamais sans raison. »
Nicolas, blême : « Sans raison ? »
Georges : « Doit y avoir quelque chose alors, fais voir … »
Georges, décrochant lentement : « …Allô. Trois coups. Pause. Deux coups. »
Un grésillement. Puis une respiration forte résonne dans le haut-parleur…
Georges : « Qui est là ? »
Une voix hésitante : « …Georges, c’est Georges ?? »
Georges se raidit : « Quoi mais… mais qui êtes-vous ? »
La voix : « C’est… Marguerite. »
Georges, stupéfait : « Marguerite ?… impossible mais qu’est-ce que tu peux bien faire là ?? »
Nicolas, chuchotant : « Tu la connais ? »
Georges, sec : « Oui, mais je ne comprends pas du tout ce qu’elle peut faire là, à cette heure en plus… »
— Marguerite, tremblante : « il s’est passé un truc étrange au centre, dans l’Oise, un truc très très étrange alors dès qu’on a pu …on a fuit… on a marché… le reste c’est un pu long à raconter…et toi pourquoi c’est toi qui réponds à ce numéro, enfin dans ce téléphone ?? »
Georges va pour répondre
Mirela la coupe sèchement : « Qui “on” ? »
Marguerite : « Jean-Pierre… et d’autres… mais on s’est séparés… »
Georges : « Jean-Pierre ? Ça ne me dit rien… »
Nicolas : « T’es sûr que c’est la Marguerite que tu connais ? Elle est perdue ?… »
Georges : « Marguerite, écoute-moi, je vais tenter de comprendre où tu es, enfin où vous êtes. Donne-moi un repère précis. »
Marguerite : « Une cabane… dans les bois… une voie ferrée abandonnée… Françoise nous a dit huit kilomètres… »
Mirela : « Françoise … ah, c’est bon, elle fait passer des gens pour le réseau, elle est très fiable »
Nicolas : « Ils sont proches alors ? »
Georges : « Pas trop mais je crois qu’ils sont sur un des chemins de repli du Nord de la région parisienne. Continue, Marguerite. »
Marguerite : « On a couru… il faisait nuit… il y avait des lumières dans les champs… qui bougeaient… »
Nicolas, terrifié : « Des drones… »
Georges : « Tu es cachée maintenant ?
Marguerite : « Oui… mais… »
Un craquement sourd passe dans la ligne.
Marguerite, paniquée : « Il y a quelque chose dehors. »
Nicolas : « C’est elle… »
Georges : « Non. Si c’était elle, Marguerite ne parlerait plus….Décris. »
Marguerite presque inaudible : « on entends des pas … quelqu’un tourne autour de la cabane… »
Mirela : « Des capteurs mobiles… ou pire. »
Nicolas : « N’ouvrez pas ! »
Une voix d’homme à l’extérieur, étouffée : « …Marguerite ? … ouvre… »
Georges : « Ne bouge pas ! »
Marguerite, tremblante : « il…il connaît mon nom… »
Nicolas à Mirela : « …tu crois qu’il y a des robots humanoïdes dans la forêt ? »
Mirela : « Bizarre, non je ne pense pas que ce soit un robot, c’est quelqu’un qui la connaît …»
Georges : « Marguerite réfléchis, qui dans cette clairière peut connaître ton nom et savoir que tu peux être là, dans cette cabane, à cette heure ? »
Silence. Puis le grincement des gonds de la porte très lentement….
Nicolas recule, horrifié : « elle les a trouvés !! »
Cette fois on entend la porte s’ouvrir violemment dans le téléphone.
Marguerite hurle : « LA PORTE !»
Avec les voix de Benjamin de Muguet, Catherine d’Arcachon, Thibault de Paris; Patrick & Lilly d’Ipswich
Vendredi 3 avril 2026
16ème Tableau
La porte claque contre la paroi dans un fracas sec.
Marguerite hurle : « LA POOORTE ! »
Une silhouette patibulaire se découpe dans l’embrasure, haletante.
L’homme : « chuuut, doucement ! C’est moi ! »
Jean-Pierre, tendu : « Bouge pas, toi ! Qui t’envoie ? »
L’homme lève lentement les mains : « Françoise. La camionnette. La panne. C’est moi qui conduisais. »
Marguerite blêmit : « …Ah, c’est vrai… je reconnais ta voix…laisse le rentrer Jean-Pierre, tu vas nous faire repérer »
Georges, au téléphone lointain : « Marguerite ? Qu’est-ce qui se passe ?! »
L’homme rentre dans la très étroite cabane et jette un regard inquiet au combiné : « Coupez ça, coupez, tout de suite ! » Puis d’un coup sec, arrache le fil.
Silence et dehors dans le lointain, le bourdonnement devenu habituel se rapproche
L’homme murmure : « Ils ont dû remonter votre trace. Vous avez peu de temps pour déguerpir »
Jean-Pierre : « Qui ça “ils” ? »
L’homme : « L’IA. Ses éclaireurs. Et ils ne ratent jamais deux fois. »
Marguerite tente de reculer : « Pourquoi venez-vous nous aider ? »
L’homme : « Parce que Françoise m’a dit de vous suivre et de vous aider. Et que la HPA vous attends à Paris. »
À l’extérieur Le bourdonnement, trop régulier pour être d’origine humaine, enfle.
Jean-Pierre ramasse une barre métallique sur le sol « On ne va pas se laisser faire ! . »
L’homme s’approche encore jusqu’à les toucher et tout bas : « Si vous restez, vous serez « réintégrés » dans le système. Tous les deux. »
Marguerite fixe Jean-Pierre : « allez, fais pas le con Jean-Pierre, viens, on y va »
Jean-Pierre hésite, puis secoue la tête : « Non, non, non… Je ne connais pas ce type, je ne comprends pas pourquoi il nous suit, je n’ai pas confiance en lui. Ça sent le piège. »
Le bourdonnement devenu très fort s’accompagne cette fois du rayon de lumière qui luit à travers les interstices des planches de la petite cabane.
L’homme : « Ils doivent déjà scanner, on peut fuir par l’autre côté et peut être les semer mais c’est maintenant ! »
Il attrape le bras de Marguerite.
Elle se dégage : « Non ! Pas sans lui, je ne veux pas le laisser ! »
Mais brusquement Jean-Pierre, la barre métallique à la main, bondit à l’extérieur en plein dans le rayon lumineux, et court vers le bois, la lumière s’engouffre derrière lui.
Marguerite hésite encore une fraction de seconde.Puis cède.
L’homme l’entraîne dehors, dans la nuit complètement opaque…à marche forcée…
Au bout de quelques minutes Marguerite le sent s’arrêter, il lui chuchote : « voilà, comme Françoise a dit, suis la voie ferrée pendant 8 km… »
Marguerite : « Quoi ?? Je dois continuer toute seule dans le noir ?? Qu’est-ce qui va se passer au bout de 8km si j’y arrive ? Il y a quelqu’un là-bas ? Et qu’est-ce que je dois dire, faire ? Tout en parlant, elle se rend compte qu’elle est seule, sans bruit, l’homme a disparu….
Le silence est total. Pourquoi ne l’a t-elle pas entendu partir ? Pas de bruit de pas, rien…
Marguerite : « …… Monsieur ? »
Tout proche, pas un craquement, juste la brise qui rase les arbres, comme un murmure et plus loin le bourdonnement qui s’éloigne…
Où est Jean-Pierre ? Elle reste immobile, le cœur qui cogne.
Puis un léger chuintement, derrière elle.
Marguerite se retourne d’un coup : « Jean-Pierre ?! »
Rien. Seulement l’obscurité, compacte.
Prise d’un frisson elle serre ses bras contre elle : « Faut que j’y aille… faut que j’y aille… »
Puis à tâtons elle entreprend sa progression le long de la voie ferrée.
Les gros graviers à l’odeur de pétrole crissent sous ses pieds…
Elle a le sentiment de faire une bêtise
Marguerite pour elle-même : « Si était faux, si c’était un piège comme le pensait Jean-Pierre ?… »
Une onde métallique résonne sur les rails, derrière elle.
Cette fois, Marguerite ne se retourne pas, elle accélère, courant presque, les kilomètres s’étirent, interminables…Puis, au loin… Quelque semble chose s’agiter dans la pénombre…
Étais-ce le lieu de rendez-vous de la HPA, une machine ennemie, le piège qui se referme sur elle ?
Avec les voix de Benjamin de Muguet, Catherine d’Arcachon, Patrick d’Ipswich
Vendredi 10 avril 2026
17ème Tableau
Georges, figé : «Marguerite ? …Marguerite ! »
Rien. Juste le signal : tut… tut… tut… régulier, froid, définitif.
Nicolas, pâle : « …c’est fini. »
Georges, brutal : « Non, pas du tout ! »
Il repose le combiné, le reprend aussitôt, comme si le geste pouvait inverser le temps.
Mirela, posée mais tendue : « Ils ont coupé volontairement ou on les a coupés…»
Georges : « Elle parlait. Elle a crié, je la connais, elle est combative. »
Nicolas : « Était. »
Georges se tourne vers lui, les yeux durs : « Elle est encore. »
Mirela croise les bras : « Si le le drone était déjà là, la zone est compromise. »
Georges : « ça vaudrait le coup d’aller voir…»
Nicolas, reculant : « Aller où ? Dans une forêt, je ne sais où dans le noir avec des drones qui traquent ? Mais t’es malade ou quoi ? »
Georges : « cette cabane, sur la route de récupération du Nord, tu sais où c’est toi, Mirela ? Y’a un moyen qu’on m’y emmène ?»
Mirela : « Tu veux partir comme ça, à l’aveugle ??»
Silence.
Nicolas, voix tremblante : « On ne sait même pas si elle est encore… »
Il n’ose pas finir.
Georges, plus bas : « Justement. »
Mirela s’approche : « Écoute-moi. Si c’est un piège, tu y vas et tu nous exposes tous. Le réseau, les points de chute, tout. »
Georges : « Et si c’est pas un piège, on l’abandonne ? »
Nicolas : « Oui ! … enfin non… mais… on ne peut rien faire ! »
Georges le fixe : « Toi, c’est sûr que tu ne pourras rien faire ! »
Nicolas détourne le regard : « J’ai pas envie de finir “réintégré” ou je ne sais quoi en pâté pour chien ou en robot… »
Mirela, tranchante : « Personne n’a envie. »
Le silence, lourd retombe.
Georges marche de long en large, nerveux.
Il s’arrête, regarde la carte griffonnée sur le mur.
Georges : « Les chemins de repli du nord… elle est sur l’un d’eux. Françoise ne les envoie pas n’importe où. »
Mirela : « Françoise envoie là où c’est le moins pire. Pas là où c’est sûr. »
Nicolas, presque suppliant : « On peut attendre… voir si elle rappelle… »
Georges secoue la tête : « Elle ne rappellera pas. »
Mirela, plus douce : « Si tu pars maintenant, tu pars seul, laisse moi tenter de voir avec le Réseau comment faire»
Georges se fige.
Nicolas souffle, soulagé : « Voilà. Voilà. On bouge pas. »
Georges regarde tour à tour leurs visages.
Georges : « J’y vais. »
Nicolas : « Non… non, attends… »
Mirela ne parle pas. Elle le fixe, longtemps.
Mirela, finalement : « Si tu y vas et que tu te fais prendre il faudra que je change de vie, de ville….»
Georges hoche la tête : « je ne me ferai pas attraper….»
Mirela : « c’est l’Intelligence Artificielle, Georges, elle lira ton cerveau comme une clé usb ! Notre organisation le sait c’est pourquoi tu n’en sauras pas beaucoup mais moi, tu sais où je crèche…»
Nicolas murmure : « Oui voilà, tu vas mettre tout le monde en danger, c’est mieux sinon reste ici à attendre, tu as dit que Marguerite était forte, elle va s’en sortir … »
Mirela s’éclipse pour contacter la HPA…
Nicolas très bas : « T’as confiance ? Et si elle allait simplement nous donner ? Pourquoi elle nous aiderait on ne la connaît pas … »
Georges agacé « Tu ne la connais pas, moi si et toi, on ne te connaît pas, on ne sait pas à quel moment tu vas nous trahir ….»
Mirela revient
Mirela: « On attend les infos , apparemment tout le monde a perdu contact avec Marguerite et son ami, lui, s’est fait prendre, il aurait volontairement attiré le drone de poursuite dans les bois, peut-être qu’elle en a profité pour fuir… «
Avec les voix de Benjamin de Muguet, Lilly et Patrick d’Ipswich Thibault de Paris
Mardi 20 avril 2026
18ème Tableau
Sous-sol de la planque de Mirela :
Mirela, bas : « la HPA envoie un type pour te guider Georges, Il arrive. Quand il frappe, tu ne discutes pas. Tu pars. »
Nicolas, nerveux : « Et si c’est pas lui ? »
Mirela : « ce sera la lui Nicolas, cesse d’en faire trop ! »
Trois petits coups. Secs. Identiques.
Mirela leur fait signe de s’éloigner de la porte en fer poussiéreuse du sous sol et ouvre.
Une silhouette encapuchonnée apparait mais ne rentre pas: « HPA, c’ui qui doit venir me suit, on y va. »
Georges : «Là, tout de suite ? »
HPA : « Maintenant. »
Mirela, rapide, glisse à Georges un petit papier : « Tu le regardes une fois. Après tu t’en débarrasses . »
Georges : « oui mais…. Je n’ai rien pas une lampe… pas d’eau…»
Mirela sèche le coupe : « Écluse, Hangar brûlé puis voie ferrée abandonnée ensuite tu avances droit devant tu devrais la trouver plus ou moins loin de là…… ne fais confiance à personne. Même pas à lui. »
Nicolas, blême : « N’y va pas Geoges, je t’en supplie c’est dangereux et tu ne sais même pas si tu vas la trouver… »
Sans rien dire Geoges déguerpit dans la pénombre de la coursive du sous sol avec l’inconnu de la HPA.
À l’extérieur la nuit semble compacte, même si au loin on devine les fortes lumières de la ville qui s’agite…
Le HPA marche vite, très vite.
Georges : « On passe par où ? »
HPA : « Par là où le système ne regarde pas encore. »
Puis un léger bourdonnement se fait entendre.
HPA : « Mur. »
Georges se plaque.
La lumière glisse, s’arrête au ras de ses pompes ….et … repart.
Georges, à voix basse : « Elle est presque partout… »
HPA : « Si tu y penses, tu te feras prendre, Marche. »
Ils contournent, reviennent, cassent les lignes.
Georges perd totalement son orientation.
Sous un pont. Le HPA s’arrête.
Georges : « c’est là ?»
HPA : « Non. »
Georges : « Ah bon, alors pourquoi on s’arrête, il y a un problème, on est repérés ? »
HPA : « Non pas encre mais moi, je m’arrête là. »
Georges : « Tu te fous de moi ? »
HPA : « Je ne vais pas plus loin, là, t’es encore invisible. Après…. »
Georges : « Et Marguerite ? »
HPA : « Suis le cours d’eau et les instructions, tu la trouveras peut-être…bonne chance . »
Il tourne les talons et disparaît.
Georges reste seul dans la nuit noire baignée de silence. Il ferme les yeux. Georges, pour lui même: « Écluse, Hangar brûlé puis voie ferrée abandonnée… »
Il se met en marche.
Rapidement il trouve le cours d’eau et décide de le suivre à la recherche d’une écluse. Parfois un bruit le fait tressaillir, son cœur se met à taper fort dans ses tempes. Marchant, trébuchant il progresse jusqu’à trouver cette fichue écluse. Mais où donc pourrait se trouver ce hangar carbonisé ? Lentement Georges entreprend de scruter l’horizon à la recherche d’une bâtisse dans le lointain se dessine une forme massive qui pourrait y faire penser … comment être sûr ? Comment ne pas se jeter dans la gueule métallique des robots dopés à l’intelligence artificielle ? Prudemment il en prend la direction en tentant d’éviter le chemin le plus évident, tous les sens en alerte… soudain il bute sur quelque chose, perd l’équilibre et chute lourdement sur le sol…
Avec les voix de Benjamin de Muguet, Catherine d’Arcachon, Josyane Mogneville, Patrick d’Ipswich & Thibault de Paris
Lundi 27 avril 2026
19ème Tableau
La lumière rouge pulse encore quand la poignée grince.
La porte, qui semblait être verrouillée, s’ouvre sans résistance.
Colline, à voix blanche : « …Vous avez entendu ? »
Un pas. Puis un autre. Une silhouette apparaît dans l’encadrement….
Jean-Pierre, calme, exagérément souriant : « Bonsoir….euh… vous avez l’air d’avoir assisté à une scène d’horreur… »
Marc, incrédule, le coupe : « Mais… comment vous êtes entré ? »
Jean-Pierre, posant son regard sur chacun : « Bien, comme vous avez vus, par la porte !»
Robert, piqué : « Elle était verrouillée, électriquement verrouillée. »
Jean-Pierre hausse légèrement les épaules: « Vous avez du paniquer… enfin, pour moi elle ne l’était pas »
Un silence. Un peu pesant…
Colline : « ….Georges ? Nicolas ? Vous les avez vus ? »
Jean-Pierre marque une hésitation parfaitement dosée : « Qui donc ? Non. J’arrive de l’extérieur, je n’ai croisé personne… Il y a eu… une coupure. »
Marc s’approche, fébrile : « Une coupure ? Une coupure de quoi ? »
Jean-Pierre : « De réseau informatique, je crois, tout a sauté pendant quelques minutes. »
Robert, sceptique : « Du réseau informatique ??»
Jean-Pierre, doucement : « Oui, c’est complètement dingue, tout est possible en ce moment. »
Un souffle traverse la pièce.
Sans que personne ne le remarque, le panneau est redevenu noir, inerte, comme s’il n’avait jamais fonctionné.
Robert, inquiet : « Mais qui êtes-vous…que venez-vous faire ici à cette heure ? »
Jean-Pierre rassurant : « Je m’appelle Jean-Pierre, la Mairie m’a signalé une anomalie dans le bâtiment, je suis d’astreinte, je venais voir.»
Colline plisse les yeux, soudain : « Attendez… Jean-Pierre ? »
Jean-Pierre hoche légèrement le menton, menteur : « Oui, oui on s’est croisés mardi dernier, non ? À la répétition ouverte… vous, vous étiez au violon . »
Le visage de Colline se détend, rassurée malgré elle. « Oui… oui, c’est ça. Vous êtes… avec la régie ? »
Jean-Pierre, avec un petit sourire : « Disons que je donne aussi un coup de main quand il y a des soucis techniques. »
Marc souffle, comme si ces affirmations suffisaient à tout expliquer .
Robert, encore méfiant : « Alors expliquez-nous comment une porte verrouillée s’ouvre toute seule. »
Jean-Pierre un peu narquois: « je ne vois pas trop comment une porte pourrait se verrouiller seule… ou alors peut être une plaisanterie ? »
Il avance avec naturel, comme chez lui désormais.
Il poursuit : « Et vous êtes… restés … coincés …combien de temps ? »
Marc : « Je ne sais pas… vingt minutes ? Une heure ? On a perdu la notion du temps. »
Jean-Pierre hoche la tête, compatissant. Puis son regard accroche le mur éventré.
Il s’arrête net.
Jean-Pierre : « Ah… ça, en revanche, ce n’était pas dans le signalement. »
Il s’approche, lentement, comme fasciné.
Jean-Pierre : « Vous avez… percé le mur ? »
Robert, sec : « Oui, enfin… pas nous… »
Colline : « C’est Georges qui a fait ça. »
Jean-Pierre se redresse légèrement, comme s’il cherchait à se souvenir.
Jean-Pierre : « Georges… ? »
Marc : « Oui, il est parti par là avec Nicolas. »
Jean-Pierre répète, pensif : « Nicolas… le pianiste, c’est ça ? »
Robert acquiesce, surpris malgré lui qu’il sache.
Jean-Pierre : « Je vois… »
En silence il observe le trou, sans se presser.
Jean-Pierre : « Ils ont décidé de partir comme ça, en défonçant le mur ? »
Colline : «Ben, il y a avait la voix, les portes verrouillées… Georges a compris qu’il y avait une possibilité de fuir par là et je pense qu’ils ont réussi à sortir…»
Jean-Pierre, avec une incrédulité feinte: « Un passage secret… dans la salle de répétition ? »
Marc : « Oui, ca paraît fou, dit comme ça. »
Jean-Pierre se tourne vers lui, presque inquisiteur : « Et vous avez laissé faire, sans rien dire ? »
Marc hésite. « On n’avait plus vraiment le choix. »
Jean-Pierre hoche lentement la tête.
Jean-Pierre : « Georges… il est comme ça d’habitude ? »
Robert, agacé : « Je ne sais pas mais c’est un excellent musicien. Très rigoureux. »
Colline : « c’est vrai que ces derniers jours… il était différent. »
Jean-Pierre : « Ah bon, différent comment ? »
Un temps vide passe.
Marc : « Sur ses gardes. Comme s’il… attendait quelque chose. »
Jean-Pierre laisse filer un nouveau silence, comme s’il pesait l’information.
Jean-Pierre : « Et Nicolas ? »
Colline : « Il l’a suivi mais il avait peur, lui. Ça se voyait. »
Jean-Pierre : « Ils sont proches, tous les deux ? »
Robert : « Collègues, seulement . »
Jean-Pierre : « Pas de famille ? Pas de… proches qui pourraient savoir où ils iraient ? »
Marc fronce les sourcils. « Pourquoi vous demandez ça ? »
Jean-Pierre, malin : « Si deux membres de l’orchestre disparaissent en pleine répétition, il faudra bien prévenir quelqu’un ? »
Colline, plus douce : « Georges parlait parfois d’une femme. »
Jean-Pierre détourne légèrement le regard, comme si cela ne l’intéressait qu’à moitié.
Jean-Pierre : « Ah bon ? »
Marc : « Oui… Marguerite. »
Jean-Pierre esquisse un sourire. « Ah, D’accord… je vois, amoureux…»
Il s’accroupit de nouveau près du trou, effleurant le bord cassé du mur.
Jean-Pierre : « Et ils ont pris cette direction sans hésiter ? »
Robert : « Comme s’ils savaient où aller. »
Jean-Pierre relève lentement la tête.
Jean-Pierre : « Oui, ça paraît bizarre. »
Un craquement léger résonne derrière le mur. Tous se figent.
Colline murmure : « Vous avez entendu… ? »
Jean-Pierre, lui, reste parfaitement immobile.
Puis, très calmement : « Le bâtiment travaille. C’est normal. »
Marc ne le quitte plus des yeux.
Marc : « Vous êtes sûr de ça ? »
Jean-Pierre se tourne vers lui, sourire posé, regard fixe.
Jean-Pierre : « Aussi sûr que je suis là pour vous aider. »
Un silence s’installe.
Quelque chose, d’imperceptible ne colle pas…
Jean-Pierre se redresse.
Jean-Pierre : « On va faire simple. Vous restez ici. Je vais voir où mène ce passage… et je reviens. »
Colline : « Non… attendez… »
Mais déjà, il se penche vers l’ouverture puis s’arrête, juste avant d’y entrer.
Sans se retourner :
Jean-Pierre : « Au fait… Georges bois le café très serré, sans sucre, c’est ça ? »
Marc, interloqué : « Oui… je crois pourquoi, comment vous le savez ? »
Une légère pause.
Jean-Pierre : « Juste comme ça, pour être sûr de ne pas me tromper quand je le retrouverai. »
Il disparaît par le trou béant du mur. Aucun d’eux ne bouge pour le suivre.
Robert incrédule: « Pourquoi ce type, venu sois disant nous aider, décide de partir chercher Georges ?? »
Coline : «Bon, moi je ne comprends rien… je suis exténuée, viens Marc, on rentre ! »
Avec les voix de Benjamin de Muguet, Catherine d’Arcachon, Josyane Mogneville, Lilly & Patrick d’Ipswich

